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Vendredi 13 septembre 2019

La Chine prépare déjà l’après-peste porcine africaine


Bien que toujours très largement touchée par la peste porcine africaine, la Chine commence déjà à préparer l’après. L’objectif est clair : rétablir la production rapidement.


Le porc a une place prédominante dans la cuisine chinoise. Il représente les deux tiers de la consommation de viande du pays. Une place qui pousse d’ores et déjà les autorités chinoises à préparer l’après-peste porcine africaine (PPA) alors que l’épizootie touche toujours de plein fouet le pays.

En août, le gouvernement central a annoncé la mise en place d’une nouvelle politique globale visant à rétablir la production porcine chinoise, témoigne Jian Huang, expert de l’institut technique du porc (Ifip) en Chine, le 11 septembre lors d’une conférence au Space. Parmi les mesures annoncées, l’indemnisation des élevages touchés par la maladie et la réduction des délais administratifs. Certaines interdictions qui jusque-là limitaient le développement de l’élevage porcin ont été levées. La restriction des zones constructibles pour les élevages porcins a été supprimée, tout comme l’interdiction de construire des fermes porcines sur des terres cultivables. « De nouvelles mesures pour encourager les investissements dans le domaine ont également été prises », développe l’expert.

Subvention

Dans le Sichuan, province la plus importante en termes de production porcine, d’importantes subventions ont été mises en place : jusque 5 millions d’euros pour toute construction d’élevage moderne et 80 euros pour chaque achat de truie. Afin d’encourager les éleveurs « traumatisés » par la PPA – certains ont perdu tout leur cheptel –, un système d’assurance leur est proposé. Si un éleveur, ayant déjà été touché est à nouveau frappé par la PPA, il pourra être indemnisé près de 150 euros par truie ou porc à l’engraissement atteints par la maladie.

Biosécurité

« Nous assistons à une très profonde modification de la structure de la production porcine chinoise », assure Philippe Gréau, consultant en Chine pour l’entreprise de biotechnologies Olmix. « Nous allons assister à la création de groupes énormes. Je ne serais pas étonné si les 24 grands groupes présents aujourd’hui en Chine détiennent dans quelques années quatre-vingt % du cheptel », poursuit-il.

En effet, les prix actuels du porc sur le marché (4,37 euros le kilo carcasse) permettent aux entreprises capables d’investir massivement dans la biosécurité de se développer. Et pour certains grands groupes, les mesures sanitaires mises en place sont colossales. Chaque employé est testé avant embauche. « S’il est contaminé, c’est dehors », explique le consultant. S’ensuit une période de quarantaine de quelques jours, avant d’être envoyé pour deux mois dans une exploitation avec interdiction absolue d’en sortir, explique Philippe Gréau. Il mentionne même des réflexions autour d’élevages en mer, sur bateau.

Des réflexions autour d’élevages porcins en mer

Face à la pénurie, le rationnement de la viande de porc en Chine

« Il y a des régions où il n’y a plus de porcs. Plusieurs provinces ont distribué des tickets de rationnement », témoigne Jian Huang, expert de l’institut technique du porc (Ifip) en Chine, le 11 septembre lors d’une conférence au Space. L’épizootie de peste porcine en Chine a conduit à une très forte baisse de la production et, par suite, des prix. Or, la viande porc pèse lourd dans le panier des ménages chinois. Pour éviter tout risque inflationniste, certaines provinces ont décidé de mettre en place des subventions à la consommation, explique-t-il. Avec un kilo de viande de porc par mois et par personne à prix subventionné, les autorités espèrent éviter tout mécontentement.

AJ



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