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Vendredi 14 février 2020

La filière volailles de chair se dote d’un nouveau plan à horizon 2025


Dans son plan Ambition 2025 présenté le 11 février, l’interprofession Anvol se fixe des objectifs en matière de bien-être animal pour « répondre à toutes les demandes ». En contrepartie, la filière veut que l’État soutienne les investissements et n’accepte pas de nouvelles importations.


« Répondre aux attentes sociétales et lutter contre les importations. » Ce sont, selon le président d’Anvol (interprofession des volailles de chair) Jean-Michel Schaeffer, les deux axes du plan Ambition 2025, présenté le 11 février. La filière s’y fixe notamment un objectif en matière de bien-être animal : d’ici 2025, au moins 50 % des volailles françaises devront être élevées dans des poulaillers avec de la lumière naturelle. Dans le détail, Anvol fixe l’objectif de 30 % de volailles dans des bâtiments comportant des fenêtres et 20 % avec un accès à un parcours (Label rouge ou bio).

Par ailleurs, l’interprofession se dit « prête à mettre à œuvre le cahier des charges ECC (European Chicken Commitment) ». Créé par une trentaine d’ONG européennes, l’ECC prévoit notamment l’utilisation de races à croissance intermédiaire, une réduction de la densité d’élevage (à 30 kg de poids vif par m2) et la présence de lumière naturelle. Ces derniers mois, sous la pression des associations, plusieurs distributeurs se sont engagés dans cette démarche.

+27 % de coût de production avec le cahier des charges European chicken commitment

« La filière est prête à répondre à toutes les demandes, mais encore faut-il que les poulets soient payés à leur juste prix », martèle Anne Richard, directrice d’Anvol. L’Itavi (institut technique) a chiffré le surcoût du cahier des charges ECC à 27 % en sortie d’élevage et à 40 % en sortie d’abattoir pour un animal entièrement valorisé en ECC. Ce surcoût grimpe à 59 % si seul le filet est estampillé ECC. Un autre problème subsiste : « Le cahier des charges ECC prévoit un étourdissement par narcose gazeuse avant l’abattage, rappelle Anne Richard. On estime que seuls 10 % des abattoirs sont en capacité d’investir dans cet équipement. »

Par ailleurs, l’interprofession prévoit aussi de poursuivre la réduction des antibiotiques (-5 % entre 2020 et 2025, soit une baisse globale de 60 % depuis 2011) et d’atteindre le zéro déforestation importée (à travers la plateforme Duralim).

Les élevages, « maillon faible » de l’investissement

Avec son plan Ambition 2025, Anvol tente de relancer une dynamique, alors que le plan de filière produit des résultats inégaux. « Nous avons investi 630 millions d’euros sur les 2,7 milliards d’euros prévus d’ici 2023 », a précisé Anne Richard. Des sommes supérieures aux prévisions dans les abattoirs (400 M€, notamment pour répondre à la demande de la restauration), mais en retard dans les élevages (200 M€, soit « un quart des besoins »). L’amont est clairement « le maillon faible », admet Jean-Michel Shaeffer, qui demande un renforcement des aides publiques. « Le PCAEA n’est pas hauteur des besoins », estime Anne Richard.

En contrepartie de ses ambitions affichées, la filière volailles demande aussi à l’État « de n’accepter aucun nouvel accord international ». « Ce qui nous inquiète le plus aujourd’hui, ce sont les discussions entre l’UE et les États-Unis, insiste Paul Lopez, président de la Fia (industries avicoles). Que Trump veuille nous nous vendre des poulets passés à la machine à laver (lavés au chlore ou à l’acide peracétique, NLDR), la réponse est non ! » « La filière volailles a assez donné » pour M. Schaeffer, rappelant que 45 % des poulets consommés en France sont importés.

Sous forte pression des importations (notamment dans le segment en croissance de la restauration), la filière attend beaucoup de l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes en restauration. Un décret est attendu au printemps afin de lancer une expérimentation française sur ce sujet. Le texte ne concernerait que les produits crus, selon M. Schaeffer, qui demande sa généralisation « à tous les produits » ainsi que son extension au niveau européen.

L’étiquetage de l’origine des viandes en restauration ne concernerait que les produits crus

YG



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