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Vendredi 24 mai 2019

La France, 2e destination européenne du capital-risque dans l’agri-foodtech


290 millions d’euros ont été investis en France en 2018, selon un rapport de la plateforme américaine de capital-risque Agfunder rendu public cette semaine. Stable par rapport à 2017, la part de l’Europe dans les investissements de ce secteur ne reflète pas son poids économique, estime-t-elle par ailleurs.


La France a été en 2018 la deuxième destination en Europe des investissements de capital-risque dans l’agtech et la foodtech derrière le Royaume-Uni, selon un rapport sur les investissements en Europe dans ce secteur de la plateforme américaine de capital-risque Agfunder rendu public le 21 mai. 290 millions d’euros ont ainsi été investis en France l’année dernière dans les start-up agrifoodtech, sur un total de 1,4 Mrd € pour l’ensemble du continent soit « 9,4 % des 15,2 milliards d’euros levés par les entreprises du secteur au niveau mondial », précise Agfunder. « La contribution du continent au secteur mondial de la technologie agroalimentaire fait clairement défaut », estime la plateforme en se basant sur ces chiffres, rappelant par comparaison que l’Union européenne à elle seule « contribue à environ 20 % du PIB mondial ».

Si le montant des investissements en Europe est équivalent à celui de 2017, « il reflète une diminution des investissements dans les start-up de l’aval [Ndlr : celles opérant au niveau de la vente et en lien direct avec le consommateur] et une augmentation dans celles de l’amont [Ndlr : opérant au niveau de la production] », précise le rapport. Avec 807 millions d’euros en 2018, l’aval a ainsi représenté 64 % des montants investis en Europe soit « une augmentation massive de 200 % sur un an », note Agfunder. Les montants investis dans les start-up amont ont, eux, diminué de 50 % sur un an, cette catégorie voyant malgré tout la plus grosse opération de l’année en Europe avec les 115 millions d’euros récoltés par la start-up espagnole de livraison à domicile Glovo.

Une somme médiane investie de 2,7M€ en France

Autre caractéristique européenne, la prédominance des investissements « d’amorçage », c'est-à-dire au début du processus de développement des start-up (« early stage » dans le lagage financier). Ce type d’opération, dont les montants sont plus faibles que ceux concernant des start-up à un stade de développement avancé (« late stage »), a représenté près de 42 % de l’ensemble des sommes investies l’année dernière en Europe et 66 % des contrats signés. Le Royaume-Uni et la France ont « les marchés les plus matures », estime Agfunder, les deux pays se distinguant justement par des sommes moyennes investies un peu plus importantes que leurs voisins. L’investissement médian en France se situe ainsi un peu au-dessous de 2,7 M€, alors qu’il est de 400 000 euros en Italie, ce pays étant pourtant le troisième en Europe en termes de nombre de contrats d’investissements en 2018.

L’élevage d’insecte et l’agriculture urbaine attirent les investisseurs en France

Parmi les secteurs les plus « solides » en France en termes d’investissement selon Agfunder, ceux de la culture d’insecte et de l’agriculture urbaine. Les plus grosses opérations d’investissements françaises en 2018 ont ainsi concerné la start-up InnovaFeed (élevages d’insectes pour l’alimentation animale) avec plus de 40 M€, ou Agricool (agriculture urbaine) pour plus de 25 M€. Un constat qui ne devrait pas changer en 2019, la start-up française Ynsect (élevage et transformation d’insecte) ayant déjà annoncé avoir récolté 110 M€ en début d’année.

En Europe, prédominance des investissements d'amorçage

RO



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