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Lundi 05 octobre 2015 | ag synabio

La France n'est pas autosuffisante en légumes bio pour la transformation


L'assemblée générale du Synabio (entreprises bio), à Paris le 29 septembre, était l'occasion de rappeler que la France n'est pas autosuffisante en légumes bio à destination de la transformation.


«L a France n'est pas autosuffisante en légumes bio pour approvisionner l'industrie », a déclaré Marc Montluçon, dirigeant de FRDP (intermédiaire entre les producteurs et l'agroalimentaire), lors de l'assemblée générale du Synabio (entreprises bio) le 30 septembre, à Paris. Son entreprise s'approvisionne en France, mais aussi en Italie, en Espagne, en Hollande, en Belgique. « Aujourd'hui, on est à 80% de produits UE et 20% de produits France, ne cache pas le dirigeant. Les industriels ont besoin de volumes. (...) si on propose une ou deux palettes de courgettes bio, les industriels ne nous regardent pas ». Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab (agriculteurs bio) a réagi : « Le consommateur est attentif à l'origine des produits bio. Nous travaillons sur la proximité et la diversité des productions en agriculture biologique... Gare aux travers de la spécialisation qui ont touché la filière conventionnelle ». Même discours pour Etienne Gangneron, responsable bio à l'APCA (chambres d'agriculture) qui ajoute : « La bio a ramené des légumes dans les territoires (...). Un autre exemple, ce sont les céréaliers. En passant au bio, ils diversifient leurs productions de céréales ».

Peu de données sur les importations

Le débat sur l'origine des produits bio a monopolisé une bonne partie de la table-ronde. Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence bio, a, elle, insisté : «75% des produits bio consommés en France sont d'origine française ». Pour le reste, la question de l'origine des produits bio est un sujet difficile. La Fnab en a fait le slogan de son réseau : « Manger bio et local ». Mis à part les données publiées par l'Agence bio, les données d'importation des produits bio publiées sont peu nombreuses, voire inexistantes.

Une des raisons est donnée à Agra Presse par les douanes françaises : « Il n'existe pas de codes pour les produits et denrées issus de l'agriculture biologique ». Les produits agricoles conventionnels ont tous un code de huit à dix chiffres qui permet de suivre les échanges à l'échelle internationale, notamment les échanges impliquant la France. Sauf qu'en bio, cette nomenclature n'existe pas.

La piste du certificat d'importation

Autre piste pour la mise en place de données du commerce extérieur en produits bio : les contrôles aux frontières. Ces derniers ne sont pas du seul ressort des douanes. La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et le ministère de l'Agriculture se partagent une partie du travail. Quel que soit le pays d'origine, les produits doivent être accompagnés, in fine, d'un certificat d'importation. Même s' « il existe deux régimes d'importation », précise la DGCCRF. L'un pour les pays reconnus « équivalents » qui ont d'emblée un certificat de l'organisme certificateur listé dans le Règlement communautaire. Et un régime d'importation « pour les autres pays », ceux qui ne sont pas reconnus. Ces derniers doivent alors se tourner vers les organismes certificateurs « équivalents » pour obtenir un certificat d'importation valide. Ces certificats d'importation sont une mine d'informations pour préciser les chiffres du commerce extérieur de produits bio. Le ministère de l'Agriculture confirme qu'il n'existe pas de base de données nationale sur le commerce extérieur des produits bio. Néanmoins, des discussions auraient commencé à la Commission européenne sur la mise en place de certificats électroniques qui permettraient de « compiler » ces données. (CR)

ques (CR)