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Vendredi 23 mars 2018

La laine fait recette en Australie, moins en France


Le prix de la laine atteint des sommets en Australie, en lien avec la demande chinoise. En France, la laine reste une filière quelque peu en retrait, même si elle perdure encore sur certains territoires.


La laine fait recette en Australie, mais moins en France. la demande chinoise tend le marché mondial, ce qui profite à l’Australie, premier exportateur de laine au monde. Le pays produit 345 millions de kilos de laine brute par an dont 90 % sont exportés. Près de 80 % de cette laine partent vers la Chine, le reste part vers l’Inde, l’Italie et la République tchèque. « C’est une période merveilleuse, un âge d’or », a déclaré à l’AFP Peter Morgan, directeur du Conseil australien des exportateurs de laine. « En huit ans, un kilo de notre laine a augmenté de dix dollars : en ce moment, il vaut 18 dollars (11,50 € environ). Je n’ai jamais vu cela ! », a-t-il expliqué.

La laine australienne est majoritairement issue de moutons de race mérinos. Elle est réputée pour sa finesse. « La demande, énorme et croissante, provient notamment de la nouvelle classe moyenne chinoise » de plus en plus attirée par cette fibre naturelle, a relevé Stuart McCullough, p.-d.g. de l’Australian Wool Innovation (AWI), une coopérative de 24 000 producteurs. Le dynamisme « du marché du sportswear et des vêtements d’extérieur où la laine fait figure de championne » est aussi à l’origine de la hausse de la demande sur le plan mondial, selon lui.

La Chine tire le marché australien

Les professionnels de la filière craignent tout de même un manque de tondeurs. « Pour l’heure, aucune machine n’est capable d’égaler la précision et la délicatesse d’un tondeur », estime Ian Elkins, ex-champion de la tonte. « Mais nous ne sommes que 4 000, parmi lesquels trop peu de jeunes alors même que ce métier, très physique, a besoin de corps robustes pour assurer la relève », souligne-t-il.

En France, la situation est très différente, comme l’explique Christophe Riffaud, président de l’Association pour le mondial de tonte du mouton (AMTM) et tondeur lui-même. En effet, la laine ne paye pas toujours le tondeur. Mais « tout dépend des régions et de la race de mouton », observait-il le 15 mars, lors d’un entretien avec Agra Presse. « Les brebis viande produisent aussi moins de laine, environ 2 kg par brebis. En Limousin, Vienne ou Haute-Vienne, il faut compter 0,60 €/kg. Pour les mérinos de Provence, le prix atteint 1,50 €/kg de laine, a-t-il continué. Or, suivant les régions, le tondeur est payé de 1,50 €/kg à 2,50 €/kg par mouton. Il peut en tondre jusqu’à 300 par jour. » Des filières locales se sont développées afin de mieux valoriser la laine en France, comme le réseau « Laines locales Limousin ».

Le Mondial de la tonte du mouton se déroulera en France en 2019

En France comme en Australie, la tonte reste un travail très physique, peu mécanisé. Heureusement, selon Christophe Riffaud, qui n’hésite pas à parler du bien-être animal durant la tonte. Plus le geste est précis et rapide, moins la brebis stresse et se débat. En 2014 et 2015, l’association Peta France avait diffusé des vidéos sur la tonte en Australie, dénonçant des comportements violents sur des animaux et des blessures importantes. « Le risque zéro n’existe pas. Mais la tonte reflète aussi le lien entre l’homme et l’animal », développe Christophe Riffaud qui a défendu l’organisation en France pour 2019 du mondial de la tonte du mouton, en Haute-Vienne. « Ce sera la première fois que 40 nations seront présentes en France. En 2010, le championnat du monde avait eu lieu au Pays de Galles et en 2014 en Irlande », souligne-t-il, en précisant que même Emmanuel Macron soutient le projet. Une manière de valoriser la filière et le savoir-faire français.

ED