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Lundi 01 juin 2015 | sécurité alimentaire

La malnutrition recule sur la planète


Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde est passé en 2015 sous la barre des 800 millions. Un résultant encourageant même si les objectifs du millénaire n'ont pas été atteints. L'Afrique subsaharienne reste fortement affectée, le nombre de personne sous-alimentées y a augmenté de 44 millions en 25 ans.


Le nombre de personnes victimes de la faim dans le monde a de nouveau reculé, s'établissant à 795 millions (10,9% de la population mondiale) selon le rapport annuel des Nations unies publié le 27 mai (1). C'est 216 millions de moins qu'en 1990-1992 (-21,4%) et 167 millions de moins au cours des dix dernières années, malgré l'augmentation de 1,9 milliard de la population mondiale en 25 ans. L'Objectif du Millénaire visant à réduire de moitié la sous-alimentation d'ici 2015 a quasiment été atteint, se félicite la FAO qui estime que l'éradication de la faim dans le monde est possible « de notre vivant ». Sur les 129 pays en développement faisant l'objet d'un suivi, seuls 72 ont réalisé l'objectif.

C'est dans ces pays que les efforts doivent être menés car environ 780 millions des personnes, soit la grande majorité des personnes souffrant de la faim, y vivent. Dans ces régions, la part de personnes sous-alimentées est passée de 23,3% il y a 25 ans à 12,9% aujourd'hui.

Mais de grands écarts persistent selon les zones géographiques. Certaines ont enregistré des progrès rapides en matière de réduction de la faim : comme l'Amérique latine, l'Asie de l'Est et du Sud-Est mais aussi, dans une moindre mesure, l'Asie centrale, le Caucase, l'Afrique du Nord et de l'Ouest. A l'inverse, l'Afrique centrale et l'Asie de l'Ouest s'éloignent des objectifs de réduction de la faim : ces régions ont vu la proportion de leur population touchée par la sous-alimentation augmenter depuis 1990-1992. L'Afrique subsaharienne reste la zone où le taux de sous-alimentation est le plus élevé dans le monde avec 23,2% et environ 220 millions de personnes souffrant de la faim en 2014-2016. Le nombre de personnes sous-alimentées a même augmenté de 44 millions entre 1990-1992 et 2014-2016 dans cette zone.

Marchés internationaux

Plusieurs facteurs ont joué un rôle déterminant dans le recul de la sous-alimentation : une meilleure productivité agricole, en particulier de la petite agriculture, la croissance économique, la protection sociale et le commerce international. « Dans de nombreux cas, l'ouverture aux marchés internationaux peut considérablement améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition car elle augmente la disponibilité alimentaire et favorise l'investissement et la croissance », souligne le rapport.

Si la prévalence de la sous-alimentation a fléchi assez rapidement entre 20002002 et 2005-2007, ce rythme a ralenti au cours des années suivantes en raison de certains facteurs tels que la hausse des prix des denrées alimentaires, la sécheresse et l'instabilité politique dans plusieurs pays. En effet, dans plusieurs des pays qui n'ont pas réussi à atteindre leurs objectifs internationaux de réduction de la faim, des catastrophes naturelles ou causées par l'homme ou encore l'instabilité politique ont fait naître une situation de crise prolongée. Dans d'autres pays, c'est l'absence de politiques efficaces de protection sociale et de redistribution des revenus qui a empêché que les bienfaits de la croissance économique profitent aux plus pauvres.

(1) Réalisé par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM)

(AG)



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