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Vendredi 07 juin 2019

La Provence veut profiter de l’expansion mondiale du rosé


Au milieu de l’expansion mondiale du rosé, la Provence tient à occuper une place centrale, a indiqué le Conseil interprofessionnel du vin de Provence (CIVP) le 28 mai. Pour cela, le rosé de Provence mérite une image plus valorisée que celle du seul “rosé-piscine”, il a une place aussi en gastronomie, selon le CIVP. Mais pour assurer les marchés en expansion, l’interprofession compte augmenter le potentiel de production du vignoble.


L’expansion de la production de vin rosé se déroule à une vitesse de croisière, mais, parmi ce mouvement, « la Provence a toujours vocation à occuper une place centrale ». Le premier exportateur du globe est l’Espagne. Elle occupe 40 % de la part du marché international en volume. Le deuxième exportateur est l’Italie (16 %), toujours en volume, mais a repositionné ses exportations de vins rosés sur des vins de qualité. De plus, « les exportations des États-Unis, de l’Afrique du Sud et du Chili semblent être dans une dynamique de croissance en termes de volumes », selon le CIVP. La France n’occupe que 14 %, en volume encore une fois. Mais ses exportations représentent le tiers de la valeur générée par les exportations mondiales de vin rosé.

Le rosé, aussi dans la gastronomie

D’où le positionnement adopté par le CIVP. « L’avenir du rosé s’écrit en Provence », soutient Jean-Jacques Bréban, président du CIVP. « Nous luttons depuis des années pour que le rosé n’ait plus cette image d’un vin qui ne se garde pas plus d’un an. Nos productions ne se limitent pas au “rosé-piscine”. Le rosé de Provence a sa place dans la gastronomie, notamment au dîner. Nous ne voulons pas être que le rosé de l’apéro », a-t-il ajouté. La dynamique du rosé est tirée par une trentaine de marchés en progression dans le monde, selon le CIVP. La consommation de rosé commence à se développer en Australie et dans les pays asiatiques, en commençant par le Japon. L’interprofession tente une percée promotionnelle en Chine en prospectant la population féminine. Mais pour approvisionner tous ces marchés, « il faut suffisamment de quantités disponibles », a rappelé Éric Pastorino, président de l’appellation des Côtes de Provence.

Pour approvisionner ces marchés « ultra-dynamiques », comme le qualifie le CIVP, l’interprofession mise sur une augmentation du potentiel de production. Le rendement peut passer de 55 hectolitres à l’hectare à 60. De plus la restructuration du vignoble, avec des cépages plus adaptés, s’effectue à hauteur de 600 ha par an. À cela s’ajoutent 300 ha par an d’autorisations de plantation depuis 2016. Enfin, le chantier de délimitation de l’extension de l’aire fait espérer 750 ha de plus.

« Nous ne voulons pas être que le rosé de l’apéro »

Environnement : objectif de 60 % de surfaces labellisées d’ici cinq ans

Engagé dans la transition agro-écologique, le vignoble des vins de Provence, qui se singularise par une forte proportion de vignes en bio (20 % contre 9 % au niveau national), souhaite accélérer la conversion des exploitations vers un label environnemental pour atteindre 60 % de surfaces labellisées en 2024. Un plan collectif vient d’être lancé, s’appuyant sur la certification HVE (Haute valeur environnementale). Incluant 4 500 exploitations à évaluer, « le plan porte une ambition affirmée avec un objectif fixé à 60 % du vignoble des vins de Provence certifiés bio et/ou HVE en 2024 (soit 25 000 ha minimum) et 100 % en 2030 », précise le CIVP.

MN