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Vendredi 14 février 2020

Le Demeter 2020 explore l’après Brexit


La 26e édition du rapport Demeter (1), qui compile 29 articles prospectifs sur l’agriculture et l’alimentation, se penche notamment sur les conséquences agricoles du Brexit. Cette sortie de l’Union européenne, effective depuis le 31 janvier, implique pour le Royaume-Uni l’abandon de la Pac. Les Britanniques s’offrent ainsi une opportunité de repenser les politiques agricoles, souligne Demeter. Mais qui peut mener à leur désunion. « Il y aura quatre politiques : galloise, écossaise, nord-irlandaise, anglaise », rappelle la coauteur Ludivine Petetin, maître de conférences à l’Université de Cardiff. L’agriculture et l’environnement font en effet partie des domaines décentralisés ou dévolus au sein du pays.

Le gouvernement britannique et les dirigeants du Defra (ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales) se sont engagés à créer une politique agricole simplifiée et respectueuse de l’environnement fondée sur le modèle « argent public pour biens publics ». Idem pour les administrations dévolues du Pays de Galles, d’Irlande du Nord et d’Ecosse, qui ont promis de suivre des modèles similaires. Il s’agit de mettre fin aux paiements directs « dans les cinq ou huit ans » à venir, selon Ludivine Petetin. Le nouveau système fait disparaître les deux piliers de la Pac, en se concentrant plus particulièrement sur le 2e. Avec un bémol : « L’Irlande du Nord et l’Ecosse veulent garder un tout petit peu de paiements directs, ce qui pourrait créer des problèmes de concurrence avec les autres nations et avec l’Union européenne », indique-t-elle.

Autre problème souligné dans le Demeter 2020, la volonté de supprimer les exigences en matière de conditionnalité, notamment en Angleterre. Cela pourrait se traduire par « un abaissement du niveau de référence réglementaire ». Aucun engagement gouvernemental n’a été exprimé pour s’assurer que les normes réglementaires seront maintenues, d’après le rapport. Des différences entre les seuils applicables dans le Royaume-Uni pourraient se développer et créer « une application à la carte des normes environnementales réglementaires », affirme Demeter.

(1) En vente sur www.iris-france.org/publications/le-demeter-2020

« L’Irlande du Nord et l’Ecosse veulent garder un tout petit peu de paiements directs »

JCD



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