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Lundi 31 août 2015 | décryptage

Le don alimentaire, une solution à plusieurs acteurs


Le don alimentaire, un des nombreux moyens de lutter contre le gaspillage, implique la distribution, mais aussi les agriculteurs et les associations caritatives.


« P uisqu'il s'agit d'une mobilisation générale (je suis pour) et qu'il faut tarir la première source de gaspillage (le comportement des foyers français), quels sont les engagements de l'Etat, de l'Education nationale, du ministère de la Formation ? », a écrit sur son blog le distributeur M.-E. Leclerc à Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, le 27 août. Les Restos du cœur et la Croix-Rouge française sont inquiets : les moyens financiers sont « à peine maintenus, voire en baisse ». Antoine Agudo, chargé du développement des dons en Nature pour les Restos du cœur, déplore même que « les subventions régressent fortement ». Le transport et le stockage frigorifique sont des facteurs nécessaires, donc limitants pour développer correctement le don alimentaire. « Quand on prend les produits chez le distributeur, on en devient propriétaire. L'association est responsable de la sécurité sanitaire. Mais un seul camion frigorifique coûte 50 000 euros ». Bilan des courses : l'association limite sa collecte. S. Royal a annoncé le 27 août en sortant de la réunion avec la distribution qu'une autre réunion aurait lieu avec les associations caritatives, prochainement, au sujet des moyens mis en œuvre pour mieux organiser la collecte et le stockage.

Le don agricole de plus en plus sollicité

Le don alimentaire concerne aussi les agriculteurs. « Depuis 2013, nous avons donné l'équivalent de 8,4 millions de repas », explique-t-on chez Solaal, association facilitant le lien entre agriculteurs et associations caritatives, le 27 août. A l'heure où le gaspillage alimentaire fait parler de lui, la ferme France répond présente. « Entre 2013 et 2015, ce sont ainsi 4267 tonnes d'aliments qui ont été collectées (pommes, viandes, œufs, etc.) », poursuit l'association qui fait état d'une solidarité croissante. Le 17 septembre prochain, Solaal organise la 1ère Journée nationale du don agricole dans le cadre du Space, salon international des productions animales qui se tiendra du 15 au 18 septembre à Rennes.

La défiscalisation des dons sous surveillance

L'Etat a mis en place une série de défiscalisation des dons alimentaires. Ces derniers sont censés inciter aux dons. Les retours d'expérience sont tranchés. Antoine Agudo, pour sa part, fait état « d'abus » de la part de certains donateurs, sans les citer. A chaque collecte, le distributeur est censé donner une valeur à la marchandise donnée à l'association. En déclarant une valeur supérieure, le donateur peut avoir des réduc-tions d'impôts plus fortes. Ce n'est pas l'avis de Madeleine de la Servette, de la direction de l'action sociale –aide alimentaire à la Croix-Rouge française : « C'est très réglementé. Ils connaissent la valeur marchande de leur don », affirme-t-elle. Côté agricole, l'association Solaal rejoint l'avis de la Croix-Rouge : la défiscalisation des dons est contrôlée.

(CR)



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