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Vendredi 05 juillet 2019

Le futur cahier des charges du comté s’affine


Sur le long chemin de la révision de son cahier des charges, la filière comté vient d’achever la phase des discussions internes, au terme de deux ans d’échanges tournés vers l’environnement et le dynamisme territorial. Prochaines étapes : Paris puis Bruxelles.


La filière comté a finalisé, lors de son assemblée générale du 28 juin, l’« intense phase d’échanges collectifs internes » initiée depuis janvier 2017 qui a abouti à la première étape de révision de son cahier des charges. À l’issue de ces échanges, trois mesures complémentaires phares font leur apparition alors que de nombreux axes avaient déjà été validés un an plus tôt.

S’il était prévu de restreindre à 1,2 million le nombre de litres de lait produit sur une exploitation, la taille du cheptel sera également limitée en fonction de l’organisation de l’exploitation. Aussi, le nombre d’animaux sera limité à 50 vaches laitières pour un chef d’exploitation, puis à 90 pour deux unités de main-d’œuvre (UMO), 130 pour 3 UMO, etc. « L’objectif est de garder des fermes à taille humaine et une agriculture familiale », fait valoir Valéry Elisseeff, directeur du CIGC (Comité interprofessionnel de gestion du comté). Par ailleurs, une seule UMO salariée pourra être prise en compte dans le calcul. Exit donc les grandes fermes basées uniquement sur le salariat.

Côté pâturage, les dernières discussions prévoyaient déjà d’augmenter le nombre d’hectares par vache de 1 à 1,3. La filière a décidé de durcir à nouveau ces conditions : 50 ares par vache devront être disponibles à moins de 1,5 km du point de traite.

Préserver le tissu économique local

Plus en aval de la filière, le maintien du tissu économique au sein de la zone AOP est également au cœur du cahier de charges. « Pour conserver le maximum de fruitières et la diversité du comté », la croissance des ateliers de transformation sera limitée en fonction de leur taille. Plus une fruitière transformera de lait, plus sa « progression permise de lait transformé » sera contrainte. Les plus grandes (transformation de plus de 20 millions de litres), ne pourront croître de plus de 0,5 % par an. À l’inverse, celles qui transformeraient moins de 5 millions de litres ne se verront pas imposer de plafond de croissance. Les ateliers de taille intermédiaires pourront, de leur côté, croître entre 1 et 6 %. Dans le même sens, les fusions entre fruitières seront possibles uniquement dans la limite de 7,5 millions de litres de lait transformé en comté. « Nous voulons rester artisanal mais sans renoncer à la modernité », décrypte le directeur. Et pour préserver encore plus le tissu social, la découpe du fromage à destination de la restauration ne pourra être effectuée que sur le territoire de l’AOP. « Cela permet de garantir la traçabilité et de préserver l’emploi local », revendique Valéry Elisseeff.

Direction l’Inao, le ministère, puis Bruxelles

« Il faut considérer les mesures proposées dans leur globalité pour juger la grande cohérence de l’ensemble et le très haut niveau d’exigence que s’impose la filière Comté » précise Alain Mathieu, président du CIGC, cité dans un communiqué de presse. Il tempère malgré tout : « Le cahier des charges d’un produit sous signe de qualité n’a ni la vocation, ni les moyens de répondre à toutes les questions de société ou de politiques agricoles. »

Pour être définitivement approuvé, il doit encore passer un certain nombre d’étapes. D’abord, l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) et le ministère de l’Agriculture. Puis la Commission européenne. Ensuite seulement, il pourra entrer en vigueur. Le délai estimé par la filière : deux ans.

« L’objectif est de garder des fermes à taille humaine et une agriculture familiale »

La croissance des ateliers de transformation sera limitée en fonction de leur taille

AJ



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