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Vendredi 07 juin 2019

Le groupe Avril renoue avec les bénéfices


Avril est repassé dans le vert, a-t-il annoncé le 4 juin en présentant ses résultats 2018, encore plombés par Saipol, branche historique de transformation des graines oléagineuses. Une volonté de réduire l’exposition aux risques est affichée, avec comme objectif un Ebitda multiplié par deux en 2013.


« Après deux années difficiles, on est dans une phase de redressement », a déclaré en conférence de presse le président Arnaud Rousseau. Le résultat net s’est élevé l’an dernier à 16 M€ (contre -56 M€ en 2017). Ce rebond a eu lieu notamment « en deuxième partie d’année », selon le DG Jean-Philippe Puig, avec « des arbitrages européens plutôt favorables » aux biocarburants. Concernant les huiles et condiments, la marque « Lesieur a beaucoup souffert dans la négociation avec la grande distribution » malgré la loi Egalim, a-t-il signalé, évoquant une nouvelle érosion des marges. Dans la transformation animale, le porc « s’est bien comporté » et les ovoproduits ont signé « une bonne année ». L’oléochimie reste « un bon moteur » pour Avril avec des marges satisfaisantes et une année « record » en spécialités animales (nutrition et hygiène). Au total, le groupe a dégagé en 2018 un chiffre d’affaires de 6,1 Mrd€ (-2 %).

Concurrence du biodiesel argentin

Le trou d’air lors des précédents exercices est attribué principalement aux biocarburants, qui expliquent « l’essentiel de l’écart de nos résultats. […] C’est venu nous impacter de manière très importante sur ces dernières années. Pour l’instant, on en voit un peu le bout », a déclaré Jean-Philippe Puig. En cause, la chute des cours du pétrole et la concurrence du biodiesel argentin, avec une « première partie d’année très compliquée », qui se sont traduites par du chômage technique dans les usines du groupe. « En deuxième partie d’année, les choses se sont améliorées, avec des arbitrages européens plutôt favorables et les gens qui n’avaient pas commandé suffisamment de biocarburant en début d’année 2018 se sont retrouvés un peu courts », entraînant un regain de demande du marché. D’une manière générale, « le marché de biodiesel en Europe a augmenté de 1,5 Mt », a souligné Jean-Philippe Puig, qui table sur une augmentation équivalente en 2019 et plus modeste en 2020, avant de reculer.

Redressement de Saipol

D’ici à 2023, le groupe entend doubler son Ebitda, un indicateur de rentabilité qui s’est élevé à 154 M€ en 2018. Il veut, pour cela, réduire son exposition aux risques. Cela concerne en particulier Saipol, dont le résultat demeure « négatif à deux chiffres » sur le dernier exercice mais avec un excédent visé en 2020. L’idée est d’obtenir une meilleure valorisation des biocarburants. Exemple avec le lancement fin 2018 d’Oleo100, un produit 100 % végétal à base de colza destiné aux flottes captives (transport routier, collectivités locales). Ce biocarburant, déjà fabriqué près de Rouen, devrait bénéficier de nouveaux investissements sur le site du Mériot (Aube), afin de « couvrir l’ensemble de la surface française », selon Jean-Philippe Puig. L’objectif est d’atteindre une production de 200 000 t dans quatre ans. Autre piste, celle de l’export vers l’UE. Saipol n’exportait aucun biocarburant il y a deux ans. En 2018, 500 000 t ont été expédiées en Europe, surtout vers les pays du nord. Explication : sur le marché allemand ou suédois, une prime est accordée pour la réduction des gaz à effet de serre.

Un projet novateur en alimentation humaine

Avril souhaite développer des filières porteuses, comme l’huile d’olive. Son ambition est d’investir dans des oliveraies autour du bassin méditerranéen. Le groupe exploite déjà 1 700 ha en Maroc et projette de grimper à 2 500 ou 3 000 ha. Plus innovant, un projet tourne autour de la protéine végétale en alimentation humaine. Il s’agit d’obtenir un équivalent du tofu, non pas à base de soja mais en partant du colza, du tournesol. « Aujourd’hui, on en est à finaliser le process, envisager la production donc investir dans une usine », a annoncé Jean-Philippe Puig. Le site de Dieppe, au point mort depuis une explosion en février 2018, est en ligne de mire. Pour commercialiser le produit, Avril travaille avec « une société leader mondial des ingrédients alimentaires ».

La branche historique Saipol en route vers des résultats excédentaires en 2020

JCD



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