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Vendredi 06 juillet 2018

Le marché européen du lait, assaini mais inquiet


La baisse du prix du lait à la ferme ajoutée à des conditions climatiques défavorables a freiné la croissance de la production laitière européenne qui menaçait de déraper. Les prix des produits laitiers restent à la hausse. Mais les tensions commerciales internationales, liées à la politique des États-Unis, inquiètent.


« Le climat du marché s’est amélioré en raison du ralentissement de la croissance de la production laitière et de la vigueur de la demande (chinoise tout particulièrement), mais l’évolution de la politique commerciale américaine suscite des inquiétudes », résume dans ses conclusions l’Observatoire européen du marché laitier qui s’est réuni le 26 juin à Bruxelles.

La collecte de lait de l’UE a augmenté de 2,1 % (+ 1 million de tonnes) entre janvier et avril 2018. Mais, les conditions climatiques rigoureuses ont limité la hausse au printemps. La production a certes augmenté en Allemagne, en Italie et en Pologne mais elle s’est fortement tassée en Irlande, aux Pays-Bas et en France.

La Commission européenne a présenté une mise à jour de ses perspectives à court terme qui prévoit que la hausse de la production laitière de l’UE devrait être plus faible que lors des exercices précédents. Une croissance de 1,2 % est prévue pour l’ensemble de l’année 2018 avec une hausse de 1 % au troisième semestre et une stabilisation au quatrième.

Les productions de lait écrémé en poudre et de beurre ont été inférieures aux niveaux de 2017 en avril, mais cumulent en 2018 une augmentation de 6 % et de 1,2 % respectivement.

Au niveau mondial, la production laitière s’est calmée à +1,9 % entre janvier et avril 2018, principalement en raison du ralentissement dans l’UE et aux États-Unis. La production néo-zélandaise se redresse à la suite de l’amélioration des conditions météorologiques et de la hausse des prix. Une hausse également observée en Australie, en Argentine, au Brésil et au Canada, mais avec une ampleur beaucoup plus faible.

Recul du prix à la ferme dans l’UE

Le prix moyen du lait à la ferme dans l’UE a chuté en avril à 32,6 c/kg, soit une baisse globale de 8 % sur les quatre premiers mois de 2018. Cette baisse des prix est plus prononcée que la simple tendance saisonnière. Le niveau des prix en avril est inférieur de 1 % à la moyenne quinquennale. Un nouveau recul d’environ 1 % est prévu en mai selon les premières informations fournies par les États membres.

Les prix des produits laitiers restent néanmoins à la hausse, notamment le beurre qui, comme l’année dernière, a connu une augmentation rapide, approchant les 6 000 €/t. Les prix de la poudre de lait écrémé se sont également améliorés au cours des deux derniers mois (+17 %). Et ce, malgré l’écoulement de quelque 100 000 tonnes provenant des stocks d’intervention publique (1).

(1) Voir n° 3651 du 02/07/2018

Prix du lait : le Cniel optimiste pour le second semestre

Dans sa vidéo mensuelle de conjoncture parue le 2 juillet, Benoît Rouyer, économiste au Cniel, entrevoit « de nets signes d’améliorations » grâce au « ralentissement de la production laitière qui devrait contribuer à augmenter le prix du lait sur le second semestre ». En effet, la production laitière croît de façon très modérée en Nouvelle-Zélande mais aussi en Europe du fait de « conditions climatiques très chaudes ». Au niveau français, la production est « très peu dynamique ». Son pic de collecte a été « beaucoup moins prononcé que les années précédentes » et est « actuellement en dessous du niveau de 2017 ». Enfin, les cours de produits laitiers sur les marchés internationaux sont en hausse depuis le début de l’année, avec des niveaux records pour le beurre. Toutefois, les cours demeurent toujours très faibles pour la poudre de lait écrémée.

AG



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