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Vendredi 05 juillet 2019

Le résultat 2018 de la Ferme France confirmé à la hausse


Les chiffres provisoires des comptes de l’Agriculture confirment bien la tendance publiée en décembre dernier par la commission des comptes de l’Agriculture de la nation : le résultat de la Ferme France poursuit son redressement en 2018. Les indicateurs de revenu et de valeur ajoutée s’affichent en croissance. Une situation plutôt remarquable en Europe.


Année marquée par des conditions climatiques particulièrement sèches en été, 2018 a malgré tout vu le résultat de la Ferme France progresser. Et ce pour la deuxième année consécutive. C’est l’enseignement, du nouveau rapport de la commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN), publié le 4 juillet. Il confirme ainsi les tendances publiées en décembre 2018.

Le résultat net agricole français est en progression de 15,5 % sur un an après avoir bondi de 30,3 % en 2017 (résultat semi-définitif). Rapporté à l’actif, le résultat net agricole augmente de 17 % après une hausse de 33 % en 2017. Si le résultat est en augmentation, il marque le pas par rapport 2017 où les hausses étaient plus nettes après une année 2016 catastrophique.

De plus, les chiffres prévisionnels annoncés en décembre étaient plus optimistes. Le résultat net de la branche agricole par actif non salarié en termes réels a ainsi été réévalué de 1,3 point à la baisse dans ce nouveau rapport.

Le PIB agricole augmente malgré des charges en hausse

« Grâce à la hausse conjuguée des volumes et des prix », la valeur de la production végétale progresse de 10,3 % notamment grâce au fort rebond du vin. À l’inverse, la valeur de la production animale diminue de 0,9 %. Les volumes se maintiennent mais les prix reculent. Au total, la valeur de production agricole française continue d’augmenter en 2018 de 5,7 % pour atteindre 76,4 milliards d’euros.

Côté sortie, les consommations intermédiaires augmentent de 2,1 % après plusieurs années de baisse. Ce sont les engrais et l’énergie qui tirent le plus la progression. Les premiers car ils sont de plus en plus achetés par les agriculteurs, le second car les prix flambent. Côté entrée, les subventions d’exploitation sont en baisse de 5 % sur un an à 7,9 milliards d’euros. Un repli expliqué par la diminution des aides du premier pilier de la Pac pour la programmation 2014-2020 « afin d’assurer le financement des aides du second pilier (ICHN notamment) », explique le rapport.

Aussi, l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) de la branche agricole, approché par la valeur ajoutée au coût des facteurs en termes réels * (incluant aides et subventions et tenant compte de l’inflation), s’accroît de 6,7 % pour s’établir à 39,9 milliards d’euros en 2018.

Une place de choix en Europe

Si on la compare à ses voisins européens, la Ferme France se maintient à la première place en termes de valeur de sa production agricole. Elle est suivie par l’Italie et l’Espagne. L’Allemagne arrive en quatrième position, pénalisée par une drastique baisse de sa production végétale – elle reste numéro un en production animale. Outre la première place du podium, « avec 5,6 % de croissance en 2018, d’après l’estimation du compte provisoire, la production de la branche agricole française progresse à un rythme supérieur à la moyenne européenne », analyse la CCAN. En déduisant les consommations intermédiaires qui progressent de 4,4 % en Europe, la valeur ajoutée brute de l’agriculture européenne s’établit à 182 milliards d’euros en 2018. Soit une baisse de 3 % en un an. Et « parmi les grands pays producteurs, la France et l’Espagne seraient […] les deux seuls pays à tirer leur épingle du jeu en 2018 ».

* Valeur ajoutée au coût des facteurs = production – consommations intermédiaires + subventions – impôts sur la production

Le résultat net agricole français est en progression de 15,5 % sur un an

La production agricole française progresse à un rythme supérieur à la moyenne européenne

Comptes de l’agriculture : des allègements fiscaux en hausse

Les allègements fiscaux au bénéfice du secteur agricole étaient en hausse de 11 % sur l’année 2018, pour atteindre 1,958 Mrd €, selon les comptes de l’agriculture parus le 4 juillet. La premier poste d’augmentation concerne la taxe sur la consommation de gazole non routier. Les coûts de son remboursement partiel (+28 M€) et du taux réduit (+56 M€) sont en hausse en raison de l’augmentation du coût du gazole par la contribution climat énergie. Second poste en hausse, les dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties pour perte de récolte (+60 M€), en raison notamment de la sécheresse.

Comptes de l’agriculture : les syndicats relativisent le « rattrapage »

« Peut-on parler de véritable rattrapage dans un contexte où la valeur ajoutée créée par la branche agricole s’érode depuis des années ? », s’interroge la FNSEA dans un communiqué de presse du 4 juillet suite à la publication des Comptes nationaux provisoires de l’agriculture 2018. Pour le syndicat majoritaire, il s’agit plus d’un retour à la normale – le résultat brut de la branche agricole revient à un niveau similaire à 2015 – que d’une véritable embellie. Deux autres sujets font également relativiser les syndicats : l’investissement et l’emploi. La chute de l’investissement en bétail « de près de 80 % entre 2017 et 2018 [est le] reflet des crises à répétition que subit l’élevage bovin », constate d’ailleurs la FNSEA. Et si une « légère reprise » des investissements est constatée, la Coordination rurale juge leur niveau « très éloigné de celui qui conviendrait pour stopper l’érosion du nombre d’agriculteurs ». « La courbe du nombre d’actifs, elle continue de décroître, confirmant l’inefficacité des politiques publiques des gouvernements successifs co-construites par le funeste attelage FNSEA-JA », fustige la Confédération paysanne.

AJ