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Vendredi 25 janvier 2019

Le risque volontariste


Cela ne fait presque plus aucun doute. L’agriculture a devant elle un chantier colossal, d’une envergure probablement équivalente, pour la France, à celui de l’après-guerre. Conséquence de l’avancée des connaissances sur le cancer, le climat, l’éthologie et l’écologie, l’agriculture s’embarque, bon gré mal gré, dans plusieurs décennies de grands changements. Face aux pouvoirs publics, les responsables agricoles ont de plus en plus intérêt à revendiquer leur volonté de relever ce défi, car l’agriculture n’est pas seule embarquée dans cette transition ; elle n’est pas la seule solution pour réduire les risques de cancer, le changement climatique ou les atteintes aux écosystèmes. Une concurrence pour les budgets de « transition » va vraisemblablement se développer, notamment avec d’autres vieux et grands secteurs comme le transport ou l’énergie. En somme, les représentants du monde agricole sont portés à prendre une posture « volontariste ». Problème : électoralement, cette option reste périlleuse pour les syndicats agricoles, en particulier face au risque d’un pouvoir qui se paierait de mots. C’est l’impression que pourrait commencer à donner le nouveau ministre de l’Agriculture, qui multiplie les déclarations d’amour à la profession, mais pas plus que son prédécesseur, ne semble capable d’en apporter de preuves tangibles et significatives. En continuant de n’en point trouver, il pourrait mettre en difficulté les postures les plus volontaristes.

Mathieu Robert



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