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Vendredi 06 septembre 2019

Les apiculteurs confirment une récolte « catastrophique »


Les organisations apicoles ont alerté sur les faibles niveaux de production de miel pour 2019, suite aux aléas climatiques de ces derniers mois.


« Catastrophique », « calamiteux »… Les organisations d’apiculteurs ont confirmé, cette semaine, que la récolte de miel de 2019 serait exceptionnellement mauvaise. Si les chiffres officiels ne sont pas encore connus, le premier bilan de fin d’été établi par les organisations de professionnels est en effet particulièrement alarmant. Ce premier bilan confirme ainsi les craintes que le secteur apicole avait déjà exprimées fin juin. À l’époque, plusieurs organisations de producteurs, dont l’Unaf, Interapi, et la section apicole du Modef, s’étaient alarmées de la situation des ruches.

« L’hiver trop doux » a entraîné une prolifération des abeilles, sorties de leur hibernation trop tôt, à une époque où les ressources mellifères sont encore trop rares. Par conséquent, les colonies ont surconsommé leurs réserves. Les apiculteurs, qui comptaient sur le printemps pour reconstituer ces réserves, ont vu leurs attentes anéanties à cause du « mauvais temps », qui n’a pas permis aux plantes de bien fleurir. Conséquence : les abeilles ont manqué de nourriture, et les ruches ont été décimées.

Les fortes chaleurs et canicules de cet été ont asséché les fleurs et douché les derniers espoirs des apiculteurs de sauver leur récolte. « Seuls la région bretonne et le pourtour parisien ont réalisé des récoltes qu’on peut qualifier de normales », s’inquiète Gilles Lanio, le président de l’Unaf. « Mais ce n’est pas suffisant, d’autant que toutes les exploitations du sud de la France sons sinistrées », ajoute-t-il.

Entre 12 000 et 18 000 tonnes

« Globalement, c’est assez catastrophique, à l’exception de quelques cas isolés, notamment en Bretagne. Dans certains endroits, un orage a pu sauver la récolte, mais dans la majorité des exploitations, c’est calamiteux », confirme également Eric Lelong, président de l’interprofession apicole, Interapi.

L’Unaf s’attend à un résultat de « moins de 10 000 tonnes » pour l’ensemble du territoire hexagonal, contre 19 788 tonnes en 2018 et 16 000 tonnes en 2017. Interapi est un peu moins pessimiste. « Il faut s’attendre à une production entre 12 000 et 18 000 tonnes », tempère ainsi Eric Lelong.

« La situation reste meilleure qu’en 2014, année pendant laquelle nous étions descendus sous la barre des 10 000 tonnes », poursuit-il. L’apiculteur alerte toutefois que « l’automne sera déterminant pour l’avenir de nombreuses colonies », car « un automne sec serait catastrophique ». Malgré une constante augmentation de sa consommation, la production de miel chute depuis vingt ans en France.

Le « mauvais printemps » avait raréfié les ressources mellifères

Recours de l’UIPP contre les néonicotinoïdes

L’Unaf (apiculteurs amateurs) s’inquiète, dans un communiqué du 2 septembre, de l’avenir de l’actuelle interdiction des néonicotinoïdes en France, en vigueur depuis un an, alors qu’un recours de l’UIPP (fabricants de phytos) doit être examiné dans les prochaines semaines par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Dans une décision du 28 juin dernier, le Conseil d’État a en effet décidé de suspendre l’examen de ce recours, en attendant une réponse de la CJUE à des questions sur la procédure d’adoption de la mesure. Dans sa plainte, l’UIPP considère la décision de la France comme contraire au droit européen, dans la mesure où le décret français a interdit cinq substances, et l’UE seulement trois.

FC