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Vendredi 10 janvier 2020

Les ventes de phytos en forte hausse sur 2018


La hausse des ventes de pesticides en 2018 a représenté 21 % en volume, a indiqué le 7 janvier le gouvernement, quand l’UIPP (industriels) l’a chiffrée à 8 %. Une évolution à contre-courant par rapport à l’objectif réaffirmé de -50 % en 2025 via le plan Ecophyto.


« Après une légère baisse en 2017 (-3 %), le comité (Ecophyto 2 +) a constaté une augmentation globale forte (+21 %) des quantités vendues de produits phytopharmaceutiques en 2018 », selon un communiqué des quatre ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique. La quantité de substances actives atteint 85 876 tonnes, avec en tête le soufre (16 %) et le glyphosate (11 %). Ce bilan d’Ecophyto, plan de réduction des pesticides, est tiré des chiffres de ventes des distributeurs, alors que l’UIPP s’appuie sur celles des industriels. 68 000 tonnes de produits phytosanitaires (+8 % sur un an) ont été commercialisées auprès des coopératives et négociants en 2018, d’après un communiqué du syndicat le même jour.

Anticipation d’un relèvement de taxe

Des deux côtés, l’anticipation du relèvement de la redevance pour pollution diffuse (RPD) au 1er janvier 2019 semble déterminante : ce même phénomène d’anticipation des volumes a été observé en 2008 et 2015, selon l’UIPP. Avec un « déstockage » de produits qui a pu être supérieur chez les coopératives et négociants par rapport à leurs fournisseurs, avance Eugénia Pommaret, la directrice générale du syndicat. L’UIPP pointe aussi une hausse des ventes de soufre et de cuivre, matières actives très pondéreuses dont « pas mal » seraient issues d’entreprises non adhérentes.

Pour analyser l’évolution des volumes de phytos, reste la montée en puissance du bio. 41 600 exploitations (+13 % sur un an) sont engagées en agriculture biologique à fin 2018, comptabilise le gouvernement, soit près de 9,5 % des fermes françaises. Celles-ci peuvent avoir recours au cuivre et au soufre pour protéger leurs cultures, soit des quantités de matières actives « en kg/ha au lieu de g/ha » par comparaison avec les autres traitements en conventionnel, indique-t-on à l’UIPP.

Effet de l’interdiction des néonicotinoïdes

L’évolution du Nodu (nombre de doses unités) agricole est de +24 % entre 2017 et 2018. Cet indicateur permet d’apprécier l’intensité d’utilisation des produits phytos, rapportant la quantité vendue de chaque substance active à une « dose unité » qui lui est propre. Là encore, toute évolution d’une année sur l’autre est « à considérer avec précaution », souligne la note de suivi Ecophyto : il s’agit de données de vente et non d’utilisation.

La hausse de 2018 est notamment liée à des changements d’assolement et à l’interdiction des néonicotinoïdes au 1er septembre qui augmentent les IFT (indicateur de fréquence de traitements), rapporte l’UIPP. Exemple, l’IFT est chiffré à 5,1 pour le blé tendre, 16,5 pour la pomme de terre. L’interdiction des néonicotinoïdes fait que « l’IFT de 1 avec des semences traitées passe à 4 ou 5 avec des traitements en plein champ », affirme Eugénia Pommaret.

Baisse des substances les plus préoccupantes

Dans un tweet, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a réaffirmé l’objectif de « baisse de 50 % de l’utilisation de pesticides en 2025 ». Un point de satisfaction réside dans « le nombre et les quantités de substances les plus préoccupantes (qui) diminuent d’année en année », d’après le communiqué. Elles affichent -15 % pour les CMR 1 (cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) et - 9 % pour les CMR 2 entre 2009-11 et 2016-18.

Quant aux produits de biocontrôle à risque faible, ils sont à +20 % entre 2017 et 2018. Leurs ventes ont presque doublé (+ 85 %) en moyenne triennale, entre 2009-11 et 2016-18. L’UIPP note « une augmentation constante de la part des produits de biocontrôle en volume », passée de 13,4 % en 2010 à 23,7 % en 2017, selon les chiffres du ministère de l’Agriculture (DGAL).

Des volumes à +21 % sur un an, d’après le gouvernement

JCD



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