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Lundi 28 juillet 2014 | interview

Luc Barbier : « Le prix espagnol est une catastrophe pour la pêche française »


Importations à bas prix, volumes de production en hausse, consommation en berne. Rien ne va plus pour la pêche-nectarine qui est confrontée à de fortes importations espagnoles. Luc Barbier, le président de la Fédération nationale des fruits (FNPF) juge la situation « catastrophique ».


Quels sont les problèmes rencontrés par les producteurs de pêche-nectarine ?

Sur le marché, ce jour, nous avons trois prix : un prix espagnol, catastrophique, autour de 0,50 €/kg, un prix grossiste qui navigue entre 0,80 et 0,90 €/kg pour l'origine France et un prix des distributeurs de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) qui jouent le jeu, entre 1,20 €/kg et 1,30 €/kg. Le prix espagnol est une catastrophe pour la pêche française. Aujourd'hui le consommateur achète plutôt sur le prix que sur la qualité, il achète donc de la pêche espagnole. Même s'il y a des opérations en magasin pour promouvoir les produits d'origine France, les entrées de gamme restent espagnoles.

Dans la lettre que la FNPF, Légumes de France, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont adressé au ministre de l'Agriculture le 23 juillet, vous fustigez les transports de pêches « sans document ». Que cela signifie-t-il ?

À cette heure-ci, on a des produits espagnols qui circulent sur le territoire sans aucun document d'accompagnement. On ne connaît ni l'expéditeur, ni le destinataire, ni la qualité de la marchandise, ni les volumes et surtout il n'y a aucune notion de prix. Les Espagnols envoient de la marchandise sans prix et le destinataire potentiel définira un prix. Cela déstabilise le marché alors que les produits espagnols en Espagne sont à des prix corrects, autour d'un euro le kilo à Madrid. On ne comprend pas cette attitude, ils font du dumping commercial.

Que demandez-vous à Stéphane Le Foll ?

Nous demandons que la réglementation française s'applique sur le territoire national : toute marchandise qui circule doit être accompagnée d'un bon de commande sur lequel figure le nom de l'expéditeur, du destinataire, le volume, la qualité, le prix et une référence qui construit le prix comme un contrat ou un bon de commande. Le ministre de l'Agriculture doit prendre en compte la gravité de la situation et nous recevoir en urgence !

Que se passera-t-il si la situation ne s'arrange pas pendant l'été ?

Nous verrons avec la FNSEA ce qu'il est possible d'entreprendre comme action. Mais pour l'instant l'heure est à la discussion avec le ministère. De plus, 200 000 euros ont été investis par FranceAgriMer et 250 000 euros par Interfel pour lancer une action média afin d'inciter les consommateurs à manger des fruits et légumes d'été.

Les producteurs de fruits proposent aux producteurs de légumes « un rapprochement »

LA Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) a proposé à Légumes de France « un rapprochement » des deux organisations. Une proposition également soumise à la FNSEA car ce sont deux associations spécialisées (AS) du syndicat majoritaire. Suite au départ de Bruno Scherrer, le directeur de Légumes de France, l'idée serait de « partager une direction commune » aux deux AS. Par ailleurs, un rapprochement entre la Fédération nationale des producteurs de végétaux d'ornement (FNPHP) et la FNPF est déjà en cours et sera officialisé en septembre.

NOÉMIE DEBOT-DUCLOYER