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Vendredi 29 mars 2019

Lymphome non hodgkinien : le glyphosate de plus en plus accusé


En une semaine, une étude et un jugement sont venus resserrer les liens encore présumés entre l’exposition professionnelle au glyphosate et le lymphome non hodgkinien.


L’exposition professionnelle au glyphosate est corrélée à une augmentation de 36 % du risque de contracter un lymphome diffus à grandes cellules B, le type de lymphome non hodgkinien (LNH) le plus courant, selon une étude publiée le 18 mars dans la revue International Journal of Epidemiology.

Cette étude épidémiologique est basée sur trois cohortes (française, norvégienne, américaine) rassemblant plus de 300 000 agriculteurs, suivis depuis plus de dix ans pour la plupart. Les chercheurs n’ont toutefois pas évalué le degré d’exposition des agriculteurs, classant ces derniers en seulement deux catégories : « utilisateurs » et « non-utilisateurs ».

Les scientifiques indiquent en conséquence qu’il est nécessaire de disposer de « données plus précises » sur cette question, avant de formuler des conclusions. En février, une autre analyse de la cohorte américaine « Agricultural Heath Study » (aussi prise en compte dans cette étude) avait pointé du doigt une augmentation du risque de développer un LNH (41 %) chez les groupes les plus exposés aux produits à base de glyphosate.

« Facteur substantiel »

Le lendemain de la publication de cette étude, le 19 mars, un nouveau jury fédéral de San Francisco a estimé que l’utilisation du Round’up pendant 26 ans par un septuagénaire californien avait été « un facteur substantiel » du cancer qu’il a contracté en 2015, rapporte le New York Times dans un article du jour même.

Le jugement, pris à « l’unanimité », clôt la première phase du procès qui oppose Edwin Hardeman, victime d’un lymphome non-hodgkinien depuis 2015, et Bayer. La seconde partie du procès a débuté le 21 mars. Elle a été « focalisée sur la question de savoir si l’entreprise a manipulé l’opinion publique et la science pour cacher les risques » d’utilisation de son produit, précise le quotidien new-yorkais.

Finalement, Bayer a été condamné le 28 mars à payer 80 millions d’euros de dommages/intérêt au plaignant. L’entreprise qui s’est dit « déçue » par la décision du tribunal, estime qu’un « grand corpus de recherches » réfutait le lien entre cancer et glyphosate. Bayer a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel de cette décision.

Une augmentation de 36 % du risque

FC



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