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Vendredi 21 octobre 2016

« Mainstenant » promeut les écovillages


Construire des écovillages à proximité des métropoles : tel est le cheval de bataille de l’association Mainstenant. Selon ses fondateurs, ces lieux constitueraient une solution pour les métropoles en mal d’espace et pour les campagnes en déficit de dynamisme.


« Nous voulons redonner vie à des lieux […] laissés à l’abandon, quand ils pourraient devenir des oasis de vivre ensemble, dans le but de reconnecter campagnes et métropoles », affirment les fondateurs de la toute jeune association Mainstenant. Le nom de l’association, dont les statuts ont été déposés le 2 octobre, n’a pas été choisi au hasard. Mainstenant veut répondre dès aujourd’hui aux problématiques environnementales en associant les forces vives intéressées ; « en se tenant la main », explique Nicolas Voisin, l’un des neuf cofondateurs. Concrètement, l’association promeut la création d’écovillages en périphérie des métropoles. Elle prépare un rapport, sorte de « boîte à outils » de la création d’écolieux, qu’elle adressera à tous les maires de France début 2017. Elle compte s’appuyer sur « un cas d’école ». Un projet est en effet en bonne voie sur l’île du Platais, avec les mairies de Paris et Medan (Yvelines).

Une crèche agricole dès la rentrée prochaine ?

« Le nombre limité de places dans les crèches pose problème à la ville de Paris. L’idée de voir ouvrir une crèche agricole dans une commune proche intéresse beaucoup la municipalité ». Le projet est né de la combinaison de ce que Nicolas Voisin appelle « un triangle magique » : les propriétaires d’un terrain qui attendent le démarrage de la construction d’un complexe hôtelier, une localité qui cherche à valoriser un espace disponible, et une métropole – Paris – qui manque de place. Avant que les travaux de construction de l’hôtel ne démarrent, Mainstenant pourrait occuper les lieux, et construire entre autres, une crèche agricole éphémère. Mainstenant envisage un complexe bâti sur pilotis ou suspendu, qui présenterait le triple avantage d’être rapide à monter, respectueux de l’environnement et démontable. Autour de la crèche agricole, le projet prévoit la construction d’une « école alternative », d’espaces culturels, d’une cantine solidaire, d’une boulangerie, d’un atelier « fablab » ou d’espaces de coworking notamment. En plus de fonds publics, Mainstenant compte sur une levée de fonds de 300 000 €, via une plateforme de crowdfunding, pour financer le projet qui pourrait voir le jour dès septembre 2017.

Une connexion virtuelle et réelle

Les écovillages ont vocation à être connectés entre eux et à la métropole parisienne (dans un premier temps, puis autour d’autres grandes agglomérations françaises). « Pas seulement par des outils numériques », précise Mathieu Lavergne, cofondateur de Mainstenant. En l’occurrence, des bus et navettes fluviales électriques et au biogaz viendraient récupérer les citadins et les enfants (bus aménagés pour les enfants en bas âge) sur des « points de cueillette » fixes. Ces points seraient également les lieux où les citadins pourraient récupérer les paniers de fruits et légumes cultivés sur l’écovillage et tout simplement, se rencontrer. Car les écovillages Mainstenant ont vocation à créer du lien social, explique encore Mathieu Lavergne. Dans une « ville en miniature », avec « sa gouvernance propre », Mainstenant revendique la mixité et souhaite voir cohabiter des enfants, des agriculteurs, des entrepreneurs mais aussi des « exilés, discriminés et précarisés ».

Permaculture et autosuffisance énergétique

Dans les écovillages Mainstenant, les acteurs veulent « se réapproprier les savoir-faire et savoirs de subsistances » à travers notamment la culture de la terre, la transformation des produits ou l’élevage. Le tout dicté par des pratiques agroécologiques. « Il ne s’agit pas seulement ici de nourrir les habitants de l’écovillage et ses voisins, mais bien également de nourrir les villes », explique Camille Moreuil, notamment par le biais des canaux de connexions. L’écovillage tend également à l’autosuffisance énergétique, à travers « l’installation d’infrastructures innovantes solaires, éoliennes, hydrauliques, géothermiques ». L’association compte sur les compétences multiples de ses adhérents pour porter le projet. Mainstenant compte déjà une cinquantaine de personnes. Parmi elles, des entrepreneurs, avocats, cartographes, architectes ou ingénieurs agronomes notamment.

Mainstenant compte sur une levée de fonds de 300 000 €, via une plateforme de crowdfunding, pour financer le projet

La France, un État précurseur sur les écolieux

« La France est un pays instigateur en matière d’écolieux », selon Nicolas Voisin, cofondateur de Mainstenant. « Le terme d’écolieux recouvre une grande diversité de situations », du simple bâtiment au hameau, mais on peut estimer à « plus de 300 » le nombre d’espaces de ce type, indique Nicolas Voisin. Parmi eux, 170 Oasis des Colibris (issues du mouvement de Pierre Rabhi). Une quinzaine d’écolieux français font partie des 150 sites remarquables au niveau mondial.

Mainstenant, qui réalise actuellement un recensement précis des écolieux et lieux abandonnés exploitables, devrait finaliser son inventaire au cours du premier trimestre 2017.

BB