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Vendredi 14 février 2020

Miracles agronomiques


Avis aux politologues de tous bords. Ne serait-il pas intéressant d’étudier pourquoi les organisations non gouvernementales (ONG) écologistes décidèrent, à cours des années 2010, de renforcer leurs équipes par des postes d’agronomes ? Et quels furent les effets de cette stratégie ? Les organisations professionnelles agricoles (OPA) ont vu d’un bon œil l’arrivée de ces « chargés » des questions agricoles chez les ONG, où ils firent office d’ambassadeurs des écologistes, après des années d’affrontement.

À leurs yeux, ces jeunes diplômés valaient probablement mieux que les écologistes pur jus avec qui ils avaient à dialoguer jusqu’ici. Au moins parlaient-ils la même langue. Gageons qu’une telle étude illustrerait le lent, chaotique – mais indispensable – rapprochement en cours entre agriculteurs et écologistes, alors que l’urgence à trouver des solutions se fait de plus en plus prégnante ; une autre illustration de ce rapprochement heureux, que la Confédération paysanne a entrepris de longue date, est l’initiative Symbiose, qui rassemble la FDSEA 51 et la LPO et qui semble essaimer en France.

Le fruit le plus étonnant de ce dialogue est peut-être ce cessez-le-feu trouvé entre ONG et OPA autour de la viande bovine « à la française », à l’herbe. Nul ne sait par quels miracles d’agronomie les écologistes ont pu oublier qu’une forêt naturelle stocke davantage de CO2 qu’une prairie pâturée par des vaches. Un tel accord aura certainement la vie dure à mesure que la dérive climatique s’aggrave.

Mathieu Robert



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