Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 27 mars 2020

Mise à jour


Les premières leçons qu’il faudrait tirer de cette crise commencent à poindre ici et là, mais elles sont encore floues. Pour le ministre de l’Agriculture, on peut espérer de l’épidémie de coronavirus qu’elle accélère le dossier de l’autonomie protéique. Dans la même veine, la Confédération paysanne a plaidé pour une relocalisation de l’alimentation. Il semble que la mondialisation ait bon dos sur cette affaire, et que l’on confonde l’affaire des masques avec celle des pâtes. Car en matière alimentaire, les ruptures d’approvisionnement ont été le plus souvent à mettre au débit de filières bien de chez nous : les pâtes, les légumes de conserve, les œufs, le lait… Les distances ou la dépendance à la Chine semblent avoir peu de liens avec notre affaire. Une épidémie a-t-elle plus de chance de bloquer des vraquiers en provenance du Brésil que des camions de soja en provenance du sud de la France ? Un fabricant de yaourts fermiers fait-il proportionnellement plus de stocks que Danone ? Le problème, semble-t-il, est ailleurs. Faut-il que chacun des maillons fasse davantage de stocks, détende les flux ? Probablement. Faut-il consolider le marché de l’emploi saisonnier ? Très sûrement, et c’est peut-être là le vrai sujet ayant trait à l’ouverture des frontières. Il ne faut pas oublier, en particulier en matière alimentaire, que le libre-échange ou l’autonomie sont des orientations que les pays subissent en grande partie. Alors plutôt que de plaider trop vite pour l’une des deux, c’est plutôt chacune d’entre elles qu’il faudrait envisager de mettre à jour. Et vite.

Mathieu Robert



Téléchargement