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Vendredi 29 novembre 2019

Mobilisation FNSEA/JA : le gouvernement rassure sur les ZNT


À l’issue de la troisième journée de mobilisation de la FNSEA et des JA cet automne, le gouvernement a souhaité rassurer les professionnels sur la mise en œuvre des zones de non-traitement, alors que les textes réglementaires doivent être publiés prochainement.


À la sortie d’une réunion avec la secrétaire adjointe de l’Élysée et le ministre de l’Agriculture, les représentants nationaux de la FNSEA et des JA ont appelé à la suspension du mouvement national du 27 novembre, alors que plusieurs centaines de tracteurs bloquaient depuis tôt le matin le boulevard périphérique de Paris. « Nous avons beaucoup ferraillé, nous savons qu’il y a des décisions difficiles, les acteurs doivent jouer le jeu », a expliqué la présidente de la FNSEA Christiane Lambert.

Les deux syndicats estiment avoir obtenu des assurances de l’Élysée et de la rue de Varenne concernant les zones de non-traitement (phytos), alors qu’un décret et un arrêté doivent paraître prochainement sur ce dossier. Le gouvernement aurait assuré qu’il s’alignerait sur la position de l’Anses, si l’agence accordait des distances nulles avec les riverains en cas de mis en œuvre de pratiques protectrices (buses anti-dérive, par exemple) ; cette disposition était prévue dans les projets de texte du gouvernement, mais un flou et une crainte subsistaient chez les agriculteurs, selon la profession.

Des gages aussi sur l’application d’Egalim

« Si la science dit qu’on peut aller à zéro mètre, le gouvernement suivra : c’est ce qu’a dit le ministère de l’Agriculture et la représentante du président de la République », a affirmé Mme Lambert. « La position du gouvernement est de s’appuyer sur la science, rien que la science, toute la science, et nous sommes tombés d’accord avec JA et FNSEA pour dire la science, rien que la science, toute la science », a déclaré le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume à la sortie de la réunion.

L’Élysée et la rue de Varenne auraient également donné des gages concernant le niveau de contrôle et de sanction concernant le respect de la loi Egalim durant les négociations commerciales. Enfin, de source syndicale, le gouvernement aurait également garanti que les velléités de modification de la loi Egalim de certains parlementaires ne seraient pas soutenues.

Au cours de la journée, le ministre a plusieurs fois apporté son soutien au mouvement, sur les thèmes de l'« agribashing » et du « revenu des producteurs ». Les syndicats n’ont pas obtenu le rendez-vous demandé avec le président de la République lui-même, mais à défaut, ils ont rendez-vous mardi 3 décembre avec le Premier ministre.

« Si la science dit qu’on peut aller à zéro mètre, le gouvernement suivra »

Manifestations d’agriculteurs en France, Allemagne et Irlande

Les agriculteurs français à Paris, allemands à Berlin et irlandais à Dublin ont manifesté cette semaine. Le 26 novembre à Berlin environ 10 000 personnes, et quelque 8 600 tracteurs, ont protesté, à l’appel du principal syndicat agricole du pays la DBV, contre les politiques environnementales, en particulier les mesures de réduction de l’usage des pesticides et des engrais pour la protection des insectes et de la qualité de l’eau. C’est la troisième fois que les agriculteurs allemands manifestent depuis l’annonce début septembre de ce plan d’action qui prévoit notamment une interdiction du glyphosate après 2023 (1). Des centaines d’agriculteurs français et plus de 1 000 tracteurs ont convergé également le 27 novembre vers Paris à l’appel des syndicats FNSEA et Jeunes Agriculteurs, où ils ont bloqué le périphérique durant toute la journée, en attendant d’être reçus par des représentants de l’Élysée en fin d’après-midi pour exprimer le « ras-le-bol » de la profession face à « l’agribashing ». Et le même jour, des agriculteurs irlandais ont protesté à Dublin contre la chute des prix du bœuf.

MR