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Vendredi 03 mai 2019

Nouvelle baisse des achats de fruits et légumes en 2018, en volume


Alors que les prix augmentent pour la quatrième année consécutive, les ménages français ont acheté moins de fruits et légumes frais en 2018, tout en dépensant plus. La réduction concerne tous les types de ménages.


En 2018, les ménages ont moins acheté de fruits et légumes frais, mais ils ont dépensé plus. Ce paradoxe est le principal enseignement du panel Kantar publié par FranceAgriMer du 16 avril sur les achats de fruits et légumes frais (hors pomme de terre) par les ménages français. L’année dernière, les volumes achetés par les ménages ont ainsi baissé de 3,5 %, après une précédente diminution en 2017. La quantité moyenne achetée par un ménage sur un an passe ainsi de 168,3 à 162,4 kg. Les prix progressent, eux, « pour la quatrième année consécutive », rappelle le panel, avec + 4,6 % en moyenne sur 2018. Conséquence : malgré la baisse des volumes achetés, la somme moyenne dépensée par un ménage pour ses achats de fruits et légumes augmente de 0,9 % passant de 407,5 à 411,30 € sur une année.

Forte hausse des prix sur les fruits métropolitains

Les plus concernés par cette hausse des prix sont les fruits qui ont vu leur prix moyen d’achat au kilo augmenter de 5,1 %, passant de 2,42 à 2,55 €/kg. « Cette hausse est imputable aux fruits métropolitains, dont le prix moyen d’achat a progressé de 10,4 % sur un an », indique le panel. La pomme (+12 %) ou le kiwi (+16,1 %) ont ainsi connu d’importants renchérissements. Pour le kiwi, les sommes dépensés par les ménages ont bondi de 14,5 % en un an alors que les volumes d’achats sont en légère baisse (-1,3 %). Dans leur ensemble, les quantités de fruits achetés par les ménages baissent de 3,6 % à 82,3 kg par ménage et par an.

En légumes, les prix ont également augmenté de 4,1 % sur un an. Et les ménages ont réduit leurs achats de 3,4 % à 80,1 kg par an. Chou-fleur (+15,4 %), concombre (+14,5 %) et surtout carotte (+21 %) ont ainsi connu les plus fortes hausses de prix. Pour ces deux derniers, la hausse permet là aussi une augmentation des sommes dépensés sur l’année, alors que les volumes d’achats des ménages sont en baisse.

Une réduction des volumes sur « tous les profils de ménages »

Autre évolution notée par l’étude : la réduction des volumes d’achat constatés en 2018 a concerné « tous les profils de ménages ». Aspect qui interroge, les sexagénaires ont réduit leurs quantités achetées de 5 % et leurs dépenses de 1,2 % alors que ceux-ci sont parmi les plus gros consommateurs de fruits et légumes. Avec les septuagénaires, ils représentent 36 % de la population française mais « pèsent pour 46 % du volume des achats de fruits et légumes frais pour la consommation à domicile », rappelle le panel. « Les quadragénaires, les quinquagénaires, les septuagénaires et plus, mais aussi les familles avec enfants, ont tous vu leur volume d’achat reculer plus nettement et leurs dépenses progresser plus modestement », ajoute-t-il.

Les ventes sur les marchés en déclin

Sur les circuits de distribution « 2018 est favorable aux formats de magasin généraliste », note le panel. En baisse depuis plusieurs années, la part des hypermarchés dans les achats de fruits et légumes des ménages a ainsi augmenté de 0,3 % cette année. Avec 32,9 % de parts de marché, ils représentent toujours la majorité des achats des ménages dans ce rayon. Les supermarchés et les enseignes à dominante "marque propre" (ex-hard discount) ont eux aussi connu une hausse de leur part de marché, ces derniers représentant désormais 11 % des achats. Les marchés continuent de décliner, entraîné par une baisse de leur clientèle. Ils ont représenté 10,9 % des achats en 2018. Les circuits « spécialisés alternatifs » comme la vente directe ou les magasins bio représentent quant à eux 5,4 % des achats avec des parts de marché stables.

La quantité de fruits achetés par les ménages a baissé en 2018 de 3,6 % à 82,3 kg/an, et celle des légumes de 3,4 % à 80,1 kg/an

RO