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Vendredi 09 octobre 2020

OGM et changement climatique


Phénomène massif, inédit par son ampleur et son imprévisibilité, le changement climatique induira inévitablement des changements inattendus dans les politiques publiques. Les néonicotinoïdes en sont peut-être un premier exemple : l’augmentation constatée (et attendue) des sécheresses, avec la recrudescence des infestations de pucerons qu’elles engendrent, a réussi à faire reculer – temporairement pour l’instant – la politique de baisse de l’usage des phytos conduite par les pouvoirs publics. Prenons ici le pari, quelques jours après que la Nobel de chimie a été remis à Emmanuelle Charpentier pour l’outil Crispr-Cas9, que le prochain revirement sera celui des NBT, et avec eux des OGM. Parions cela, peut-être parce que cette semaine fut aussi celle de l’autorisation d’un blé OGM en Argentine – une première mondiale. Mais aussi parce qu’il a été développé par un semencier français, et parce que ce blé est résistant à la sécheresse – il est malencontreusement aussi résistant à un herbicide. En France, huit ans après l’entrée en vigueur du moratoire, plus aucun leader politique n’ose prendre ouvertement la défense des OGM – même le candidat François Fillon en 2017 se rangea timidement derrière « l’avis des scientifiques ». Les sécheresses à répétition pourraient bien faire bouger les lignes. On sent, à ses premières interventions sur le sujet, que Julien Denormandie y est personnellement prêt. Mais le reste de la classe politique (en particulier la gauche) va-t-elle faire son « aggiornamento » ?

Mathieu ROBERT



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