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Vendredi 06 novembre 2020

On vote comme on sème


La politique n'est pas une science fiable, pas encore du moins. Faute de laboratoire-monde, personne ne peut simuler les conséquences de tel ou tel programme électoral aux présidentielles américaines – encore moins depuis que l'économie et la culture sont mondialisées et que le climat a été détraqué. A quoi aurait ressemblé l'Amérique d'Hilarry Clinton ? Même à grands traits, il n'y a pas de modèle assez complet – et probablement d'ordinateur assez puissant – pour le savoir, pour prédire les mille et une conséquences d'une politique nationale, d'autant plus lorsqu'elle met en branle la plus grande économie mondiale, et donc, pour finir, des milliards d'individus. En politique, surtout à cette échelle, il faut avancer à vue, évoluer sans pouvoir évaluer. Comme en agriculture, les choses s'y passent selon un ordre qui nous est encore inaccessible, elles procèdent d'un fourmillement trop dense, trop complexe d'informations qui rend l'ensemble des conséquences de nos décisions relativement imprévisibles. En somme, on vote comme on sème, sans bien savoir ce que l'on récolte. La preuve en est qu'un phénomène politique basique comme le scrutin électoral reste encore aujourd'hui assez mystérieux– on pourrait en dire autant d'une récolte. N'est-ce pas amusant, à l'heure où l'on envisage d'envoyer des hommes sur Mars, que les instituts de sondage américains soient encore une fois incapables de prévoir l'issue d'une élection, ou d'une récolte ?

Mathieu Robert



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