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Vendredi 10 mai 2019

Ours : regain de tension après deux attaques


Les ours récemment introduits sont suspectés après deux attaques sur des animaux d’élevage dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. Un collectif d’éleveurs a demandé leur retrait lors d’une mobilisation à Pau, le 6 mai. Ce regain de tension intervient alors que le préfet d’Occitanie devait présenter, la même semaine, sa feuille de route pour « concilier les activités de pastoralisme avec la présence de l’ours ».


Après deux attaques récentes sur des animaux d’élevage – par un prédateur qui reste à identifier –, une soixantaine d’éleveurs se sont rassemblés devant la préfecture de Pau (Pyrénées-Atlantiques) le 6 mai, à l’appel de la FTEM 64 (Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne). Ce collectif asyndical demande le retrait des deux ourses introduites en France en 2018 et de l’ours Goiat, introduit en Espagne en 2016, explique le coprésident du collectif, Olivier Maurin. Une position partagée par les élus de la chambre d’agriculture du département, présents à la préfecture ce jour pour une réunion sur les dégâts de prédateurs. À cette occasion, le sous-préfet des Pyrénées-Atlantiques aurait évoqué la possibilité de tirs d’effarouchement.

Cette mesure « ne concernerait que les estives surprédatées, c’est un pansement sur une jambe de bois, déplore Anne-Marie Doumecq, membre du bureau de la chambre départementale d’agriculture. Chez nous, les bêtes ne sont pas encore montées en estive et il y a déjà eu deux attaques, dans des propriétés privées et aux abords des villages. »

« L’effarouchement ne nous satisfait pas, mais nous le ferons, que ce soit de manière légale ou illégale, avertit Olivier Maurin. Les éleveurs sont excédés, nous craignons un drame humain », ajoute celui qui a adressé un courrier aux ministres de l’Agriculture et de l’Environnement. Son collectif ne prévoit « pas de nouvelle action devant les bâtiments publics » dans l’immédiat.

Des « tirs non létaux » bientôt autorisés pour protéger les troupeaux

Le 24 avril, le ministère de l’Agriculture avait déjà annoncé l’autorisation prochaine, pour les bergers, de réaliser des actions « d’effarouchement », et notamment des « tirs non létaux », afin d’éloigner les ours de leurs troupeaux. Une annonce qui confirmait les propos tenus par Didier Guillaume lors du congrès de la Confédération paysanne à Tours, le 17 avril.

Ces mesures seront détaillées dans la feuille de route qui devait être présentée durant la semaine du 6 mai, par le préfet de l’Occitanie Étienne Guyot. Ce document, élaboré après des discussions avec les associations de protection de l’ours et les organisations d’éleveurs, a pour objectif de « concilier les activités de pastoralisme avec la présence de l’ours ».

Plus de quarante ours bruns ont été recensés en 2018 dans les Pyrénées, un chiffre en augmentation. L’espace sur lequel vivent ces animaux est, lui aussi, en constante augmentation : l’aire de répartition de l’espèce dans les Pyrénées est de 7 400 km2, « soit 1 400 km2 de plus qu’en 2017 », selon des chiffres partagés par le ministère de la Transition écologique.

« Nous sommes satisfaits de cette annonce, mais nous attendons toutefois plus de détails », commente Laurence Marandola, référente sur la question de l’ours à la Confédération paysanne. L’organisation syndicale appelle notamment à la mise en place de quatre brigades d’effarouchement permanentes dans les massifs.

Les effectifs d’ours et leur aire de répartition progressent

YG, FC



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