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Vendredi 06 septembre 2019

Paris développe ses liens agricoles avec l’Angola et l’Afrique du Sud


La coopération entre la France, l’Angola et la République sud-africaine (RSA) dans le domaine agricole et agroalimentaire monte en puissance. Le ministre de l’Agriculture devrait retourner en Angola dans les prochains mois.


La France est en train de développer sa coopération avec l’Angola et la République sud-africaine dans le domaine agricole et agroalimentaire, a indiqué Michel Lévêque, conseiller aux affaires agricoles à l’ambassade de France à Prétoria, lors d’une rencontre de la « task force agroalimentaire » de Medef International et du ministère de l’Agriculture, qui s’est tenue le 30 août à Paris. La visite du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume en Angola en avril dernier traduit la volonté de Paris de renforcer les relations avec ce pays, a-t-il souligné.

Les deux pays d’Afrique australe sont confrontés à la nécessité d’augmenter leur production alimentaire. Ils ont un taux d’urbanisation assez élevé, aussi l’alimentation de leurs villes nécessite-t-elle des investissements dans les régions rurales. Il faut des semences, du matériel d’irrigation, des boulangeries industrielles, a précisé Henri de Villeneuve, représentant de Medef International en Afrique australe. L’Angola a davantage besoin de produits agricoles, tandis que la RSA attend du matériel d’agroéquipement, de la génétique végétale et l’amélioration de ses outils de transformation laitière et de production de vin.

Le français Castel exploite 4 500 ha en Angola

L’Angola a peu d’industries agroalimentaires, ayant concentré jusqu’à maintenant ses investissements sur l’industrie pétrolière. Le groupe français Castel, spécialisé dans les boissons, est en train d’exploiter 4 500 hectares dans ce pays pour la culture du maïs destiné à la production de bière, a précisé Michel Lévêque. Marquée par la culture occidentale, la population sud-africaine se tourne quant à elle vers les protéines végétales pour son alimentation. La RSA importe du blé, des équipements agricoles et de plus en plus de boissons, selon Henri de Villeneuve.

Didier Guillaume retournera en Angola, probablement en février, avec le président de la République française. Un déplacement du tandem en RSA pourrait avoir lieu dans la foulée, a-t-on appris auprès de Medef International.

L’Adepta plaide pour un soutien aux petits projets

Les entreprises françaises d’agroéquipements pourraient mener bien plus de projets agricoles dans le monde, et ainsi couvrir davantage de pays, mais les financeurs comme BpiFrance, la banque publique d’investissement, ne garantissent pas de financements pour des « petites sommes », inférieures à 1 M€, a regretté François Burgaud, président de l’Adepta (association d’entreprises françaises spécialisées, constructeurs d’équipements et d’unités de production agro-industrielles en France et à l’étranger), en conclusion de la rencontre.

Quand une PME ou une TPE française monte une micro-laiterie dans un pays, les entreprises commanditaires de ce pays doivent emprunter, et l’organisme bancaire adapté pour cela est BpiFrance. Or le coût d’instruction des dossiers bancaires est aussi important pour un projet de 100 000 € que pour un projet de 10 M€. Le problème n’est même pas un manque de ressources financières pour allouer des prêts, mais uniquement un problème de coût d’instruction, a fait remarquer François Burgaud. « L’État français a dégagé pas mal de lignes budgétaires pour la coopération, mais on ne peut s’en servir dans le cadre de l’agroéquipement car nos dossiers ne sont pas rentables ». « Il faudrait mettre en place un système dans lequel l’État prendrait en charge le coût de montage des dossiers », a-t-il estimé. Une telle solution est en réflexion chez Bpifrance.

200 micro-laiteries franco-jordaniennes qui tardent à voir le jour

À la suite d’une visite en Jordanie de François Hollande, alors président de la République, l’objectif d’installer 200 micro-laiteries dans des villages du pays avait été convenu entre Paris et Amman. Quelques années plus tard, la première d’entre elles n’est toujours pas montée, a rapporté François Burgaud. Le projet met du temps à prendre forme, mais il avance quand même, a-t-il noté. Une fois la première micro-laiterie installée, les 199 autres projets seront encouragés par cette première réalisation, et devraient avancer plus vite. À condition toutefois que l’instruction des « petits tickets » ne soit plus un obstacle. L’installation d’une micro-laiterie coûte 100 000 €.

MN