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Vendredi 12 juillet 2019

Performance des idées


Comme souvent quand il s’agit d’Agriculture biologique, il aura été beaucoup question d’idées dans le débat des serres chauffées, qui vient de se clore. Notamment de celle qui est au fondement de ce cahier des charges : la séparation entre le Naturel et l’Artificiel. Selon le règlement français, la culture de tomates sous une bâche en plastique et des arceaux en acier galvanisé respecte les sacro-saints cycles naturels. Mais est-ce toujours le cas lorsque l’on recourt à du chauffage au gaz, se demandaient les professionnels du Cnab. Finalement oui, ont-ils décidé, à condition que la tomate n’arrive pas chez Carrefour avant que le muguet ne fleurisse. Un compromis a été trouvé - ouf, s’est félicité le ministère. On pourrait en rire, mais au-delà des termes (nature/artificiel) qui frisent parfois l’absurde, l’agriculture biologique aborde et tente de régler de vrais sujets. Car concrètement, c’est de l’empreinte carbone de la production maraîchère dont il était question durant ces débats. Et des conséquences des modes de production sur les émissions de gaz à effet de serre, et in fine du changement climatique. Avec ces idées, certes, bancales, l’agriculture biologique a le mérite d’avancer. Pendant ce temps, la très sérieuse Ademe n’est toujours pas capable de fournir des indicateurs d’analyse de cycle de vie, pour aider la restauration collective à choisir les produits qui respectent le plus le climat. Qui des deux est le plus efficace ?

Mathieu Robert