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Vendredi 22 mars 2019

Phytiatrie


À l’aube de la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires, se profile l’émergence d’un nouveau métier : celui de phytiatre. Non pas psychiatre, mais bien de phytiatre, le médecin des plantes ! Tout comme les médicaments, les produits phytosanitaires seraient commercialisés demain uniquement sous une prescription phytiatriaque. C’est ce que préconisent le CGAAER (ministère de l’Agriculture) et le CGEDD (ministère de l’Ecologie) dans un rapport publié le 14 mars. Il s’agirait là d’une suite logique à l’orientation politique française à laquelle on assiste depuis de nombreuses années, qui consiste à réglementer de plus en plus le mode d’application des produits phyto (dates d’épandage, conditions météo, zones à respecter, stades des cultures…). L’étape ultime serait donc l’ordonnance. Mais on peut aussi l’interpréter comme un rétropédalage car le Certiphyto avait, au contraire, pour objectif une montée en compétences et une autonomisation des utilisateurs. Le législateur devra aussi être attentif à ne pas plaquer la logique d’achat de médicaments sur celle de produits phyto. On appelle le vétérinaire pour un animal ou quelques-uns circonscrits dans une ferme, et on achète quelques boîtes de médicaments. Dans le secteur végétal, les « épidémies » peuvent toucher en quelques heures des territoires immenses qui nécessitent une grande réactivité et surtout une anticipation. Sinon, les phytiatres risquent vite d’être débordés et la logistique ne suivra pas. Attention de tenir compte de la dure réalité du terrain !

 

Nicole Ouvrard, Directrice des rédactions



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