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Vendredi 04 octobre 2019

Présidentielle argentine : les agriculteurs réclament la fin des taxes à l'export


À trois semaines de l’élection présidentielle, l’union syndicale agricole se prépare au retour d’un proche du clan Kirchner à la tête du pays. Elle réclame la fin des taxes à l’exportation de céréales.


Après le résultat des élections primaires du 11 août dernier, catastrophique pour le président en exercice, Mauricio Macri, battu à plate-couture par le candidat péroniste, Alberto Fernández (32 % des voix contre 47 %), ce dernier est le favori du scrutin prévu le 27 octobre.

Pour le secteur agricole, le clan Kirchner est synonyme de taxes à l’export de soja, céréales et viandes, et des grandes protestations qui avaient eu lieu à ce sujet en 2008. Le défunt président Néstor Kirchner fut la bête noire des agriculteurs sous son mandat (2003-2006). Durant les deux suivants, sa veuve Cristina Kirchner (2007-2015) a multiplié les discours contre les « oligarques terriens », qu’elle associait à l’ensemble des agriculteurs, les mettant en porte-à-faux avec le reste de la population argentine.

Quatorze doléances

Une union de syndicats agricoles, baptisée la Table ronde (Mesa de Enlace, en Espagnol) a remis aux candidats à la présidence un cahier de doléances. Cette union réunit, depuis 2008, la Société rurale argentine (SRA), qui regroupe un millier de grands propriétaires terriens, Coninagro (le mouvement coopératif), Confédérations rurales argentines (CRA), rangée à droite, et la Fédération agraire argentine, le syndicat des fermiers, plutôt étiqueté à gauche.

La Table Ronde a fait quatorze propositions aux candidats, dont la stabilité macro-économique, la fin des taxes sur les exportations agricoles, une réforme fiscale, des besoins en infrastructure de transport, des opportunités professionnelles pour les jeunes issus du milieu rural, etc.

Mauricio Macri a signé ce document avec la mention « lu et approuvé », alors que Alberto Fernández, lui, s’est contenté de promettre aux dirigeants de la Table ronde qu’il ne régulerait pas le volume des exportations comme l’avait fait, en son temps, sa colistière actuelle, Cristina Kirchner. « Mais avec quel Alberto Fernández avons-nous parlé ? », se demande Atilio Carignano, un laitier de Jésus María, à Córdoba, vice-président de CRA, en marge du congrès annuel de CRA organisé, le 4 septembre dernier, à Buenos Aires.

Mauricio Macri a « lu et approuvé » les propositions des syndicats

Tensions à la Table ronde

L’élection présidentielle argentine intervient quelques semaines après celle du président de la Fédération agraire argentine (FAA), à l’issue du congrès annuel de l’entité, tenu le 28 septembre dernier, à Rosario. Carlos Achetoni a été élu avec un score à la soviétique (92 % des voix). La dissidence interne de FFA a décidé de ne pas présenter de liste de candidats. Pourtant, des tensions existent. L’allégeance de la FAA à la Table Ronde, notamment fait grincer des dents, car elle scelle son union, depuis une décennie, avec l’ultra-conservatrice SRA.

De plus, les résultats du dernier recensement agricole préoccupent fortement les bases du syndicat des fermiers. « Il y a urgence, nous [agriculteurs] disparaissons ! », ont martelé, chacun à sa manière, les orateurs de l’assemblée dissidente de FAA. Dans la seule province de Santa Fe, 8 820 exploitations agricoles ont disparu de 2002 à 2018. Il n’en reste plus que 19 283

Par notre correspondant en Argentine, Marc-Henry André