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Vendredi 10 janvier 2020

Prix cassés contre adhésion, du nouveau dans la vente de produits bio


Alors que des voix s’élèvent contre la mainmise de la grande distribution sur le développement du bio et des risques de « conventionnalisation », c’est en ligne que des start-up proposent une commercialisation innovante. Moyennant un abonnement annuel, ils promettent des prix cassés sur des produits bio.


« Le frein à la consommation de produits bio, c’est le prix », assure Lucas Lefebvre, cofondateur de la Fourche, magasin en ligne de produits bio. Sur le modèle des américains Costco (arrivé en France en 2017) et de Thrive market, ce site propose à ces adhérents des prix sur les produits bio remisés de 25 % à 50 % à condition de souscrire un abonnement annuel de quelque 60 euros. « Nous échangeons du pouvoir d’achat contre de la fidélité, explique-t-il. Le modèle est vertueux dans le sens où les adhérents sont très engagés, ils consomment plus et sont plus fidèles. »

Un modèle économique qu’ont également choisi deux autres start-up concurrentes : Aurore market et Kazidomi. Si les réseaux de distribution bio spécialisés opèrent d’ores et déjà sur internet grâce à des services de click and collect ou de livraison selon les enseignes, leur présence est encore timide. Un projet de site d’e-commerce national est en cours de finalisation pour Biocoop et devrait voir le jour dans les prochains mois. Ce ne sont pourtant pas sur ces plates-bandes que ces acteurs assurent chasser.

« Nos clients sont à 80 % des personnes qui, avant, ne fréquentaient pas les magasins bio car ils n’en ont pas les moyens, explique Lucas Lefebvre. Nous piquons plutôt des clients à la grande distribution. »

Démocratiser la bio

Tous ces nouveaux venus dans la distribution se targuent de vouloir « démocratiser le bio ». Mais pas en lésinant sur la qualité ni en rabotant les prix payés aux producteurs. Kazidomi promet ainsi « une qualité inégalable à un prix très bas » en « contournant les nombreux intermédiaires de la chaîne de valeur » tout en « payant un prix décent aux producteurs ».

« Nous sommes engagés sur la qualité avant tout. Notre cahier des charges est assez drastique », garantit également le cofondateur de la Fourche. Leurs approvisionnements sont sourcés à près de 80 % en France, et le reste est regardé de très près. « Nous sélectionnons les marques bio les plus responsables et des produits sains, délicieux et écolos », promet le magasin en ligne. Trois axes d’engagements sont fixés : respect de la santé, de l’environnement et des hommes.

Le site Aurore Market propose également les produits – bio ou non bio – C’est qui le patron ? ! « La marque du consommateur partage nos valeurs et rémunère à leur juste valeur les producteurs », témoigne l’entreprise sur son blog.

Si le développement de ces magasins est rapide, comme l’illustre la hausse des adhérents de 300 % chez Aurore market sur la seule année 2019, le chiffre d’affaires de ces entreprises reste encore modeste face aux acteurs historiques. « Nous avons le chiffre d’affaires d’un petit magasin bio », confie Lucas Lefebvre.

La véritable détonation dans le secteur de la vente en ligne de produits bio (et non bio) pourra être l’arrivée d’Amazon Fresh sur le marché français. « Surtout que la probabilité que le e-commerçant rachète une enseigne pour appuyer sa logistique n’est pas nulle, observe l‘institut d’étude Xerfi dans une étude de janvier. Le géant d’outre-Atlantique a en effet adopté une telle stratégie aux États-Unis. »

AJ



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