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Vendredi 29 novembre 2019

Prix du lait : confirmer la hausse de 2019


Chacun de leur côté, coopératives laitières et producteurs ont appelé la filière à préparer une seconde hausse des prix du lait à l’occasion des négociations commerciales 2020, après des avancées l’an passé.


À l’occasion de leur conseil national le 27 novembre, les producteurs de lait de la FNPL ont demandé aux industriels de se préparer à faire « un second pas » pour le revenu des éleveurs, à l’occasion des négociations commerciales 2020 avec les distributeurs, après un « premier pas » observé en 2019. « L’an passé, les industriels nous avaient dit qu’ils feraient la hausse en deux fois, ce que nous comprenons vis-à-vis du consommateur. Mais, aujourd’hui, certains industriels disent qu’ils ne veulent pas aller plus loin car certains sont restés en retrait l’an passé, regrette André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. On ne peut pas s’arrêter au milieu du gué ».

Au-delà des importantes disparités de prix constatées selon les entreprises, les producteurs observent une augmentation moyenne du prix du lait sur les 12 derniers mois glissants de 10,27 €/1 000 litres (septembre 2019). La valorisation du marché intérieur permettrait de rémunérer entre 18,70 € et 33,50 € selon la méthode de calcul de la FNPL. « Il faut faire un bilan des EGA entreprise par entreprise », plaide André Bonnard. Mais « en moyenne en 2019, les augmentations pour les industriels ont été à peu près équivalentes à ce qu’ont obtenu les producteurs. Toutefois, les prix restent à des niveaux en deçà des coûts de production ». Le président de la FNPL a également invité les coopératives à affirmer plus clairement « qu’elles partent du revenu des producteurs ».

Effort demandé en MDD

Justement, la veille, les coopératives laitières (Coop de France Métier du lait) ont demandé, dans un communiqué paru le 26 novembre, que les « signaux encourageants envoyés l’année dernière se concrétisent et s’amplifient pour atteindre l’objectif de ruissellement de la valeur créée vers les producteurs ».

Au-delà des négociations commerciales, les coopératives rappellent qu’elles souhaitent également des revalorisations sur les marques de distributeurs (MDD), qui représentent deux tiers de leur chiffre d’affaires avec la grande distribution ; ces produits ont été identifiés comme ayant subi une pression accrue des distributeurs, depuis l’entrée en vigueur de la loi Egalim en 2018.

Enfin, les coopératives souhaitent un développement des contrats tripartites (producteur, industriels, distributeur) ; ces contrats portent généralement sur de trop petits volumes et des revalorisations insuffisantes pour les coopératives, qui ont la particularité, par rapport aux privés, de devoir rémunérer équitablement leurs membres, explique-t-on chez Coop de France.

« On ne peut pas s’arrêter au milieu du gué »

Lactalis finalise son accord avec l’Unell sur la fixation du prix du lait

Un peu plus d’un mois et demi après s’être mis d’accord devant le médiateur des relations commerciales, le groupe Lactalis et l’AOP (Association d’organisations de producteurs) Unell annoncent, dans un communiqué le 26 novembre, qu’ils viennent de signer leur accord-cadre portant notamment sur la fixation du prix du lait. La formule de prix se divise, selon le mix produit du groupe, en trois parties : produits de grande consommation (PGC) sur le marché intérieur ; PGC à l’export ; produits industriels. Seule la partie « PGC marché intérieur » intègre le coût de production des éleveurs, explique Claude Bonnet, président de l’Unell, interrogé par Agra Presse. Sur ce segment, le coût de production (fixé à « 355 euros les 1 000 litres ») pèse pour moitié dans la fixation du prix, s’y ajoutent les indicateurs de marché. Les deux parties se sont donné six mois pour évaluer les effets de cet accord sur le prix payé aux producteurs.

MR