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Vendredi 07 juin 2019

Prix et concurrence


Pour le président de l’OFPM, Philippe Chalmin, les prix agricoles et alimentaires français sont essentiellement déterminés par l’équilibre de l’offre et de la demande européenne ou internationale. « Point final », circulez, il n’y aurait rien à voir. En conséquence, toute tentative de les fixer à partir de coûts de production français serait vaine, ou plutôt elle serait contre-productive dans la mesure où elle les pénaliserait. Si cette analyse s’applique sans conteste à des marchés de commodités, très concurrentiels et à dimension internationale, comme le porc ou le blé, elle mérite peut-être d’être discutée pour d’autres secteurs plus continentaux, voire hexagonaux, comme la viande bovine. C’est d’ailleurs probablement à destination de ce secteur qu’a été conçue une grande partie du premier chapitre de la loi Agriculture et Alimentation, en particulier la révision du concept de prix abusivement bas. Cet outil juridique, qui doit être rendu davantage opérationnel par la réforme, semble particulièrement intéresser la FNB, dont on peut penser qu’elle pourrait l’utiliser rapidement, pourquoi pas devant les tribunaux. Philippe Chalmin a raison de dire que les prix ne peuvent s’affranchir du marché ; à condition que la concurrence s’exerce pleinement. Or, elle peut être entravée par l’action de l’État ou d’un acteur prépondérant. Est-ce le cas de la viande bovine française ? La question pourrait être éclaircie dans les prochains mois.

Mathieu Robert



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