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Vendredi 04 janvier 2019

Quasi-certitudes


Dans une enquête à paraître dans son numéro de février, le magazine de vulgarisation scientifique Science & Vie analyse les apports de la récente étude épidémiologique Inra-Inserm-CNRS portant sur le lien entre la consommation de bio et le cancer. Confirmant d’autres analyses, le magazine conclut que, malgré les marges d’erreur des études épidémiologiques, « le doute n’est quasiment plus permis » concernant le lymphome non-hodgkinien, un cancer touchant une dizaine de milliers de personnes chaque année en France. Il s’agit en effet de la seconde étude épidémiologique mettant en avant une corrélation statistique entre la consommation d’aliments bio et une risque diminué de ce cancer, après que de nombreuses autres ont déjà établi un lien avec l’exposition professionnelle à certains phytos. Alors faut-il attendre qu’une troisième étude confirme ces résultats ? Dans son enquête, Science & Vie affirme qu'il est envisageable que des centaines de personnes meurent chaque année, en France, d’avoir ingéré toute leur vie des aliments contenant des résidus de phytos. Un tel risque ne peut qu'engager les pouvoirs publics à mettre en place, sans attendre, une politique permettant de réduire la quantité de résidus de phytos ingérés par les Français. L’effort devra être collectif, et ne doit pas peser particulièrement sur les agriculteurs, qui ne sont pas plus responsables du doute légitime, qui prévalait jusqu’à présent concernant la dangerosité des phytos, que des "quasi-certitudes" qui émergent aujourd’hui à ce sujet.

 

Mathieu Robert



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