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Vendredi 29 juin 2018

Recherche  : l’Inra présente les fruits de son plan « innovation »


L’Inra a présenté son plan « innovation en actions » le 20 juin, à travers des réalisations concrètes. Cette politique de l’innovation a déjà produit des fruits : dans la caractérisation des plantes pour la sélection végétale, dans le développement de protéines de lait, dans l’identification des causes du déclin des colonies d’abeilles.


Philippe Mauguin, président-directeur général de l’Inra, a présenté le plan « innovation en actions » de l’Institut, illustré à travers des exemples concrets de cette politique de l’innovation. Un exemple typique de collaboration public-privé est celui de Protéinolab, un laboratoire commun entre l’Inra et Ingrédia, filiale de la coopérative Prospérité Fermière et leader mondial des ingrédients à base de protéines laitières. « L’objectif de ce laboratoire est la mise au point de protéines très concentrées », a indiqué Hervé Gasnier, directeur de recherche du laboratoire commun. « Cet impératif vient du marché », a-t-il ajouté : le marché des aliments hyperprotéinés est en croissance de 7 % par an dans le monde, pour lutter contre le surpoids et pour approvisionner le marché de l’aliment sportif (+ 10 % par an), a-t-il justifié. Les chercheurs travaillent donc à trouver la bonne solubilité, la bonne texture.

De la pomme de terre aux abeilles

Plant’innov, réseau de quelque 450 scientifiques, fournit des connaissances à la R & D (recherche et développement) sur les biotechnologies végétales. Les types de connaissances délivrées par le réseau peuvent porter sur la caractérisation des gènes de résistance à des maladies telles le mildiou, sur l’efficacité des intrants, sur des nouveaux caractères pour les variétés de demain. « La détermination des gènes de résistance au mildiou, nématodes et autres maladies de la jambe noire ont contribué à la compétitivité de la filière de la pomme de terre », a commenté Philippe Mauguin.

Une autre application des connaissances de l’Inra dans l’innovation est la mise en évidence de l’impact de doses faibles de pesticides sur le comportement des abeilles butineuses en laboratoire puis en plein champ. Celles-ci perdent leurs repères et ne rejoignent plus la colonie. Ainsi déstabilisée, la colonie devient vulnérable et sa survie en est affectée, a exposé Xavier Reboud, directeur de recherche à l’Inra en écologie, entre autres sur l’impact des pesticides. Or, dans ce domaine également, il reste à élucider de nombreuses zones d’ombre. Au-delà des pesticides, d’autres causes affectent la santé des abeilles. Leurs impacts sur la filière apicole peinent encore à être manifestes de manière indiscutable, selon l’Inra.

« La détermination des gènes de résistance au mildiou, nématodes et autres maladies de la jambe noire ont contribué à la compétitivité de la filière de la pomme de terre »

Les couverts fleuris et les habitats boisés sont bons pour les abeilles

Une étude associant l’Inra, l’Acta (la tête de réseau des instituts techniques) et l’Itsap-Institut de l’abeille décortique les mécanismes physiologiques impliqués dans la survie hivernale des abeilles mellifères, a indiqué l’Inra lors de sa présentation de son plan « innovation en actions ». Les chercheurs ont montré qu’une protéine aux propriétés antioxydantes, la vitellogénine, est associée à une augmentation de 30 % de sa probabilité de survie des colonies en hiver. « La production de cette protéine de vitalité est favorisée par la qualité de l’environnement dans lequel les abeilles se préparent à l’hiver, notamment par la présence de couverts fleuris implantés par les agriculteurs en automne et de ressources liées aux habitats naturels », a expliqué l’Inra.

MN



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