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Vendredi 15 mai 2020

Restauration intégrée


Au risque de paraître cynique, difficile de ne pas voir des opportunités dans la crise. Bien sur, certaines filières agricoles vont très mal, très mal, à commencer par l'horticulture, la viticulture, les biocarburants, et toutes les filières liées à la restauration. Mais vu de plus loin, qu'en est-il ? Dans son écosystème alimentaire, l'agriculture devrait faire partie des activités les plus préservées. En effet, les Français ont, certes, mangé différement (à domicile, moins pré-transformé, moins frais), mais bon an mal an, ils semblent bien avoir continué de manger tout autant. Si l'activité agroalimentaire (produits transformés) a chuté de 22% durant le confinement, celle de l'agriculture (produits bruts) ne devrait pas être aussi affectée – ce qui n'exclut pas qu'elle le soit par la suite par les effets de la crise. En attendant, aujourd'hui, elle va notablement mieux, par exemple, que la restauration hors domicile, qui perdait en avril 1,2 milliard d'euros chaque semaine, selon le cabinet Food Service Vision. L'exemple, en fait, n'est pas choisi au hasard, car la restauration hors domicile est ce secteur en plein développement depuis quelques années, au grand dam de l'agriculture française car il est très perméable aux importations, notamment de viande, si bien qu'un poulet sur deux n'y est pas français. Alors, cette crise qui voit l'agriculture tenir debout, tandis que la restauration tombe à genou, cette crise n'est-elle pas l'occasion pour la premier de tenter d'intégrer le second ? Ce serait une belle prise, même elle n'est pas donnée.

Mathieu Robert



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