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Vendredi 04 octobre 2019

Sécheresse : nouvelle dégradation, nouvelles mesures


Les péages des autoroutes sont désormais gratuits pour les transports collectifs de fourrages. Dans deux départements, les agriculteurs obtiendront des avances sur les calamités agricoles. Au 20 septembre, la baisse de la production cumulée des prairies permanentes atteignait 22 % par rapport à la pousse de référence (1982-2009).


Alors que la sécheresse a continué de se dégrader depuis la fin août, les agriculteurs ont obtenu deux nouvelles mesures, du gouvernement et des sociétés d’autoroute.

« Nous avons obtenu la gratuité des péages pour les transports collectifs de fourrages », annonce Luc Smessaert (vice-président de la FNSEA) à Agra Presse le 2 octobre. Une décision entérinée lors d’une réunion au ministère des Transports le 1er octobre, en présence des sociétés d’autoroute, de la FNSEA et de l’APCA, indique le responsable professionnel. Cette mesure serait ouverte jusqu’à décembre, d’après M. Smessaert, et des discussions sont en cours quant à sa rétroactivité. Le dispositif retenu serait le même qu’en 2011, à savoir que les chambres d’agriculture seront en charge de la certification des cargaisons.

« Les sociétés d’autoroute ont bien joué le jeu », salue Luc Smessaert. Le coût du transport représente « en moyenne 60 à 70 euros par tonne, dont environ 2 euros par tonne de péage », précise-t-il. D’ici la fin de l’année, entre 75 000 et 100 000 tonnes de fourrages seront échangées entre départements dans le cadre des opérations de solidarité organisées par le syndicalisme majoritaire. Environ deux tiers de ces tonnages auraient déjà été convoyés. Mais il y a aussi « beaucoup d’échanges à l’intérieur des départements », précise M. Smessaert.

Par ailleurs, des avances sur les aides de calamités agricoles vont être versées « d’ici le 16 octobre » dans le Puy-de-Dôme et l’Allier, a annoncé Didier Guillaume lors d’un point presse au Sommet de l’élevage, le 2 octobre à Cournon. Accorder de telles avances « avant que les comités se réunissent » est une décision « assez rare », a souligné le ministre de l’Agriculture, mais « l’heure est grave ». Ces deux départements sont « les plus touchés par la sécheresse », a expliqué le cabinet du ministre à Agra Presse. Les taux d’avance seront de 30 %.

La situation des prairies s’est encore dégradée

À la veille de l’ouverture du salon, le ministère de l’Agriculture avait publié ses dernières observations concernant la pousse des prairies, arrêtées au 20 septembre. Résultat : la situation s’est à nouveau dégradée depuis fin août ; la baisse de la production cumulée des prairies permanentes atteint désormais 22 % par rapport à la pousse de référence (1982-2009), selon cette note de conjoncture du service de statistique (Agreste) parue le 30 septembre.

La situation est extrêmement contrastée selon les régions, marquée par un fort gradient est-ouest. À l’Ouest, la Bretagne et le sud de la Nouvelle-Aquitaine affichent une pousse cumulée « normale » (-1 %). À l’Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Grand Est et Paca connaissent toutes un déficit « important » (baisse cumulée supérieure à 25 %).

« Les sociétés d’autoroute ont bien joué le jeu »

YG, MR