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Vendredi 08 juin 2018

Sûreté alimentaire : un budget renforcé pour l’Efsa, la santé animale et végétale


La Commission européenne a présenté le 7 juin son projet de budget 2021-2027 pour la sûreté alimentaire, la santé animale et végétale qui prévoit notamment une hausse de la dotation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Mais le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis compte également renforcer sa surveillance de la mise en œuvre de la directive européenne sur l’utilisation durable des pesticides, selon lui « très loin » d’être optimale.


La Commission européenne a présenté le 7 juin ses propositions pour un nouveau programme pour le marché unique, qui comprend notamment un volet alimentaire spécifique, avec une dotation totale de 1,68 milliard €. Ces fonds sont destinés à couvrir un ensemble de mesures pour prévenir et éradiquer les maladies animales et les parasites des végétaux, améliorer la santé et le bien-être des animaux, et améliorer l’efficacité et la fiabilité des contrôles officiels. Et comme prévu (1), 62,5 millions € supplémentaires par an vont venir renforcer le budget de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) afin d’engager de nouveaux scientifiques (une centaine) et de permettre à l’Efsa, lorsqu’elle le juge nécessaire, ou sur demande de la Commission, de lancer des études supplémentaires sur certains dossiers controversés (comme le glyphosate par exemple) qui seront confiées à des laboratoires de référence.

Flexibilité

Le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a également, lors d’une rencontre avec la presse la veille de ces annonces, insisté fortement sur le bien-être animal qui est désormais « l’un des piliers de la politique européenne » avec la poursuite de la plateforme européenne mise en place en 2017 (2) et la désignation prochaine d’un second centre de référence en la matière.

Les 1,68 Mrd € seront répartis annuellement, au cours de la période 2021-2027, en fonction de la situation. « Le réchauffement climatique mais aussi la mondialisation sont à l’origine de nouveaux risques. Il faut avoir les mains libres pour agir rapidement car ces crises apparaissent de manière impromptue », explique le commissaire européen.

À ce budget, s’ajoutent des fonds disponibles au sein d’autres programmes tels Horizon (recherche) ou Digital Europe. Bruxelles propose également d’élargir le champ d’application de la réserve d’aide d’urgence dans le cadre de la Pac, qui pourra servir à faire face à des événements imprévus et à répondre aux urgences dans les domaines des maladies animales et végétales.

Les pesticides en ligne de mire

Mais pour Vytenis Andriukaitis, c’est la Pac qui est l’outil « central pour pousser les agriculteurs à commercialiser des produits plus sains ». Il souligne en particulier le rôle de la directive sur l’utilisation durable des pesticides. « Dans tous les États membres de l’UE, nous sommes très loin de ce qui devrait être fait en la matière, estime-t-il. De trop nombreuses dérogations sont accordées ». Pourquoi ? demande Vytenis Andriukatis : « Parce que les plans de gestion des parasites ne sont pas suffisants. Il n’y a pas que les pesticides pour réduire la pression parasitaire, il y a aussi des techniques agricoles comme la rotation des cultures » – que Bruxelles propose d’ailleurs d’introduire dans la conditionnalité de la future Pac (3). Mais « on ne propose pas ces techniques aux agriculteurs et après on dit que c’est la Commission européenne qui vient les embêter en interdisant des molécules », dénonce le commissaire. Il a envoyé « à tous les États membres » une lettre pour leur demander de mettre des moyens humains supplémentaires pour le suivi et le contrôle des plans de gestion des pesticides. La Commission est en train de préparer des indicateurs harmonisés pour le suivi de l’utilisation des pesticides qui devraient être prêts pour la fin de l’année. « Cela permettra de voir si les dérogations sont justifiées Je compte particulièrement sur ces indicateurs pour fixer des objectifs plus concrets au niveau des régions », prévient Vytenis Andriukaitis.

(1) Voir n° 3640 du 16/04/2018

(2) Voir n° 3599 du 12/06/2017

(3) Voir même numéro

AG



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