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Vendredi 22 mai 2020

Soja de steak ou steak de soja


Centrale lors de ses précédentes interventions, l’agriculture a disparu du lexique d’Emmanuel Macron, lors de son allocution commune avec la chancelière Angela Merkel, le 18 mai. Lorsqu’il s’est agi de « souveraineté », de « secteurs stratégiques », le président français a surtout évoqué les médicaments, l’industrie au sens général, mais pas l’agriculture. Et pour cause, le président a par la suite précisé sa pensée concernant la souveraineté : un problème se pose selon lui lorsque l’UE dépend d’un seul pays pour son approvisionnement. Or, constatons que pour le soja, ce n’est pas le cas, puisque l’UE est approvisionnée par trois acteurs : le Brésil, l’Argentine et les États-Unis.

Le plan protéine doit donc se trouver d’autres arguments, notamment pour espérer intégrer le plan de relance. Proposons celui-ci : prioriser l’alimentation humaine, plutôt que l’animale. En effet, les professionnels le disent eux-mêmes, l’avenir du marché de la viande en Europe n’est plus à la croissance. Malgré l’engouement pour le made in France, il est donc difficile de soutenir que l’alimentation animale 100 % européenne est un investissement d’avenir. Par contre, la protéine végétale à destination de l’alimentation humaine est en plein essor. Ses bénéfices environnementaux ne sont pas discutés, et elle fait l’objet d’une vraie course technologique, avec des américains comme Beyond Meat ou Impossible Food. Alors, si demain on ne veut pas importer autant de « steak de soja » qu’on importe de « soja de steak » aujourd’hui, c’est peut-être sur ce secteur qu’il faut miser.

Mathieu Robert



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