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Vendredi 06 juillet 2018

Strasbourg creuse la question de la cohabitation du loup avec le pastoralisme


Le retour ces dernières années du loup dans les Alpes, françaises en particulier, pose de manière toujours plus urgente la question de sa cohabitation avec l’élevage extensif pastoral. Le Parlement européen s’est saisi de la question. Une étude qui vient de lui être remise propose quelques pistes pour limiter les conflits entre éleveurs et ces grands carnivores.


Après une conférence sur la question organisée au mois de mai (1), le Parlement européen, qui prépare une résolution parlementaire pour demander un plan européen sur le loup, poursuit ses travaux sur le sujet. Une délégation de la commission de l’environnement se rendra les 12 et 13 juillet en Savoie pour « recueillir des informations de première main sur la question des grands carnivores et le développement de plates-formes locales et régionales d’acteurs pour améliorer la cohabitation entre ces espèces protégées et les populations locales dans les Alpes françaises ».

Une note commandée par la commission de l’environnement du Parlement européen à l’agence autrichienne de l’environnement sur la « gestion des grands carnivores dans les Alpes » rappelle qu’en 2017 la population française de loups (360 individus pour 52 meutes) était responsable de la mort de 11 947 animaux d’élevage – principalement des moutons. Et de souligner que la population de loups devrait encore augmenter. Les conflits ne font donc que commencer dans cette région où les loups reviennent peu à peu, en provenance principalement d’Italie.

L’abattage est contre-productif

Du point de vue de leur préservation, les menaces les plus importantes pour les loups en Europe sont leur faible acceptation, la perte d’habitat due au développement des infrastructures, l’abattage illégal ou encore l’hybridation avec les chiens, indique ce rapport. Quelques solutions sont proposées pour améliorer leur situation, notamment la création de corridors écologiques pour la migration des espèces et favoriser les échanges génétiques. Mais la principale question reste la cohabitation avec l’élevage extensif pastoral qui d’un point de vue environnemental et social doit lui aussi être préservé.

« La recherche scientifique a montré que l’abattage et la chasse des grands carnivores sont généralement inefficaces, voire contre-productifs, pour réduire la prédation du bétail », indique l’étude. Et ces mesures « sont également inefficaces pour améliorer l’acceptation sociale de la présence de grands carnivores ». Par contre, les mesures préventives sont des moyens bien plus rationnels, efficaces, équitables et les moins controversés pour réduire et prévenir la prédation et autres dommages, et donc atténuer les conflits. Parmi ces mesures : les bergers, les chiens de garde, les clôtures de sécurité mobiles et permanentes.

« La meilleure prévention est la combinaison de ces trois dispositifs », affirme le rapport transmis à la commission parlementaire de l’environnement.

Parmi les politiques qui pourraient être mises en place en plus des dispositions déjà en vigueur, notamment les plateformes régionales de dialogue, ce rapport propose de définir différentes zones avec des niveaux différents de protection du loup pour permettre la gestion des pâturages alpins. Il recommande également plus de souplesse dans la gestion du loup, en particulier au regard du classement du loup en tant qu’espèce protégée stricte dans le cadre de la convention de Berne. Et pour parvenir à une solution optimale, l’échange d’informations et d’expériences est primordial, conclut l’étude.

(1) Voir n° 3645 du 21/05/2018

AG



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