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Vendredi 12 avril 2019

Syndicalisme et service


Dans les années 50, presque toutes les communes rurales du département de la Loire étaient pourvues d’un syndicat agricole. Celui-ci prenait alors la forme d’un « syndicat-boutique », comme le retrace l’historien Jean Vercherand dans son texte « La trajectoire du syndicalisme agricole de la Loire » (2003). Syndicat et « commerce de proximité » collectif en quelque sort, il assurait les commandes groupées d’intrants ou de matériels agricoles, puis plus tard la fourniture d’informations professionnelles, de conseils juridiques et fiscaux… Pour Jean Vercherand, « ce sont là les raisons fondamentales qui expliquent le taux relativement élevé d’adhésion syndicale des agriculteurs ». Le syndicalisme agricole est, à l’origine, « un syndicalisme de services ». Alors ceux qui, pour faire revenir des adhérents, prônent aujourd’hui, à la FNSEA ou à la Conf', le développement de nouveaux services, ceux-là plaident en quelque sorte pour un retour aux sources. Pourquoi pas, mais comme tout retour aux sources, ne s’agit-il pas aussi d’une voie à contre-courant ? En effet, les « syndicats-boutiques » furent ensuite le creuset de coopératives d’achats d’intrants, d’utilisation de matériel, d’insémination artificielle, de collecte de lait ; ainsi, une forme de répartition rationnelle des tâches a semblé s’opérer, entre les organisations économiques d’un côté et les syndicats de l’autre. Une répartition des tâches qui semble conduire les syndicats à se recentrer sur une fonction primaire, porte-voix, dans laquelle ils seraient désormais condamnés à exceller.

Mathieu Robert



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