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Vendredi 02 octobre 2020

Étiquette après étiquette


Deux cents produits agricoles, 2 500 produits agroalimentaires. C’est à un travail de fourmi que se sont livrées les équipes de l’Ademe et de l’Inrae depuis une dizaine d’années pour parvenir à produire la base de données Agribalyse, dont une nouvelle version vient d’être présentée cette semaine. Et c’est un travail salutaire, précieux. De quoi s’agit-il ? Rien de moins qu’une évaluation – a priori incontestable – des effets environnementaux, en particulier climatiques, de l’ensemble des denrées agricoles consommées par les Français. Avec Agribalyse, on touche donc du doigt l’espoir que nos étals afficheront rapidement non seulement l’origine géographique des produits et leur score nutritionnel mais aussi une « étiquette environnementale ». Territoire, santé, climat. L’essentiel est là. À quelques chiffres près (concernant le stockage de carbone des prairies), la transparence sera, par exemple, faite sur les effets de la viande sur le climat, sur les fruits transportés en avion. À condition que nos élus s’accordent à Paris et à Bruxelles. Formidable ? Presque. La grande limite de l'étiquetage, c'est qu'il repose uniquement sur les choix individuels, sur chaque consommateur, selon son budget, son éducation. Comme la bio, comme le « sans résidus », comme la HVE. Étiquette après étiquette, il semble qu’en matière d’alimentation, un fossé se creuse parmi les Français, jusque dans les cantines scolaires d’ailleurs, qui révèle en creux un vrai échec des réglementations françaises et européennes. Choisir est toujours plus simple pour ceux qui ont les poches pleines.

Mathieu Robert



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