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Vendredi 06 juillet 2018

Un nouveau cycle de négociations UE/Mercosur qui pourrait être décisif


Un nouveau cycle de pourparlers de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) s’ouvre le 9 juillet à Bruxelles. Il pourrait être décisif en vue de la conclusion d’un accord politique avant la pause de l’été et les élections générales au Brésil en octobre, et compte tenu de la nécessité pour les deux parties de contrer le repli protectionniste des États-Unis (1). Du moins si le bloc sud-américain parvient à présenter un front uni.

Par ailleurs, une réunion ministérielle UE-Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac) se tiendra les 16 et 17 juin, à Bruxelles également, avec, notamment, la participation des chefs de la diplomatie des pays du Mercosur. Ces derniers rencontreront les commissaires européens au commerce Cecilia Malmström et à l’agriculture Phil Hogan, a assuré le 3 juillet le ministre uruguayen, Eladio Loizaga.

« Il serait prématuré pour nous d’envisager un engagement au niveau politique vu l’état actuel des négociations », a toutefois affirmé un porte-parole de la Commission. Selon lui, si « l’UE reste déterminée à conclure le plus rapidement possible un accord équilibré et mutuellement bénéfique avec le Mercosur » et si des progrès ont été enregistrés lors du précédent cycle de pourparlers début juin à Montevideo sur plusieurs chapitres « tels que les services et les questions sanitaires », « du travail reste à faire » sur l’accès au marché du bloc sud-américain pour les voitures et les pièces détachées, les produits laitiers ainsi que sur les transports maritimes et les indications géographiques.

L’UE ne devrait pas faire davantage de concessions concernant le quota tarifaire d’importation tarifaire de bœuf offert au Mercosur et équivalent à 99 000 tonnes, « ligne rouge » fixée par le président français Emmanuel Macron et convenue avec les négociateurs de la Commission. En revanche, les organisations agricoles des Vingt-huit redoutent que l’UE améliore son offre en matière d’accès au marché pour le sucre, voire pour l’éthanol, afin d’obtenir des concessions du bloc sud-américain, notamment dans le secteur automobile. Et que les intérêts offensifs européens dans le secteur industriel priment sur ceux de l’agriculture (produits laitiers, IG, spiritueux…).

Se pose aussi le problème du Brexit. Dans une prise de position datée du 27 juin, les betteraviers (Cibe) et fabricants de sucre (CEFS) de l’UE soulignent qu’il faut en tenir compte dans les négociations commerciales avec le Mercosur et d’autres partenaires qui doivent être menées pour « une Union à 27, et non à 28 ».

Quant au président du groupe de travail viande bovine du Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE), Jean-Pierre Fleury, il juge « hallucinant » de mener de telles négociations internationales alors que celles entre Bruxelles et Londres sont loin d’être conclues (2).

Selon les conclusions du sommet européen du 28 juin à Bruxelles, « l’UE continuera de négocier des accords commerciaux ambitieux, équilibrés et mutuellement avantageux avec des partenaires clés dans le monde entier, en promouvant ses valeurs et ses normes ».

(1) et (2) Voir même numéro

FXS



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