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Vendredi 06 décembre 2019

Une agence internationale d’évaluation des risques


La santé et la biodiversité ont leurs raisons que le commerce ne connaît point. Le récent abandon par la Thaïlande de son projet d’interdiction du glyphosate, du chlorpyrifos et du paraquat est, sur ce point, édifiant.

L’UE est particulièrement concernée par cet antagonisme, elle dont les normes sanitaires et environnementales sont réputées les plus strictes mais qui souhaite ouvrir ses marchés. Pour concilier ces deux objectifs, plusieurs pistes sont sur la table comme la réforme du Codex alimentarius portée par la France.

Proposons-en une nouvelle : une agence internationale d’évaluation des risques (sanitaires et environnementaux), l’équivalent de l’Efsa au niveau mondial. Les bénéfices sont évidents : à tort ou à raison, les agences nationales sont accusées d’être dans les mains des intérêts nationaux. Par la diversité plus grande des intérêts, une agence internationale serait, de fait, plus indépendante pour une molécule donnée.

Autre avantage, le budget. Les agences ont peu de moyens – si cela est vrai en Europe, qu’en est-il en Thaïlande ? –, et font le même travail chacune de leur côté. Une agence internationale permettrait de mutualiser les moyens d’expérimentation et les expertises.

Les limites d’une telle structure sont évidentes, illustrées par les débats qui opposent actuellement Strasbourg et Bruxelles sur l’évaluation des risques des phytos pour les pollinisateurs. Le champ d’investigation d’une telle agence serait probablement réduit, au seul risque de cancer par exemple. Mais la tentative serait-elle vaine pour autant ?

Mathieu Robert



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