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Vendredi 03 janvier 2020

Une tendance faible au partage de matériel


Pour réduire les coûts de mécanisation, des producteurs s’orientent vers les Cuma (Coopératives d’utilisation de matériel agricole), la délégation de travaux. Mais aux yeux de Cerfrance, « la tendance n’est pas très forte vers ces systèmes qui pourtant se justifient sur le plan de la gestion », note Marc Varchavsky, responsable du conseil économique chez Cerfrance (centres de gestion). « Les agriculteurs aiment bien être autonomes. » D’autres optent pour les assolements en commun. Il s’agit d’exploitations qui se regroupent sur plus de 1 000 hectares, d’après Arvalis. Avec à la clé « de vraies économies en mécanisation et main-d’œuvre », constate Valérie Leveau, économiste chez Arvalis. Cette forme d’organisation n’est toutefois pas non plus en forte croissance. « Les assolements en commun se développent doucement », observe-t-elle. Car travailler à plusieurs est source de difficultés juridiques, sociales. Insurmontable pour certains, comme la mise en commun de matériel qui se heurte à une aversion au risque climatique : le céréalier n’est pas sûr de bien moissonner s’il n’est pas libre de décider les travaux.

La fédération des Cuma revendique cependant l’adhésion d’un agriculteur sur deux, contre un sur trois il y a dix ans. Si le nombre de structures apparaît « en légère baisse », leurs effectifs progressent. « En une petite dizaine d’années, on est passé de 19 à 21 exploitants par Cuma », indique le président Luc Vermeulen. Reste encore de la marge, selon lui, vu la « sous-utilisation » des agroéquipements à la ferme. « Le poste traction est très élevé dans les exploitations », considère-t-il. Et d’en voir la preuve en comparant les compteurs. Quand beaucoup affichent entre 250 et 300 heures par an, c’est 800 à 1 000 en Cuma, d’après ses chiffres. « Le tracteur est plus compliqué à mutualiser qu’un épandeur à fumier, une benne, admet le patron de la FNCuma. Un aspect irrationnel joue aussi. Les agriculteurs sont très attachés à leur tracteur, qui reste un vecteur de reconnaissance sociale. »

Les agriculteurs sont très attachés à leur tracteur, qui reste un vecteur de reconnaissance sociale

JCD



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