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Vendredi 15 novembre 2019

Vers la reforestation ?


À y regarder de près, il n’est peut-être pas évident que toutes les filières agricoles françaises aient intérêt à soutenir l’abandon de l’accord UE-Mercosur sous le seul prétexte que le Brésil de Jair Bolsonaro ne respecte pas ses engagements en matière de déforestation. En effet, toutes choses égales par ailleurs (biodiversité, droits de peuples autochtones…), le raisonnement qui amène à s’opposer à la déforestation au Brésil pour protéger le climat ne nous conduit-il pas, dans un même mouvement, à plaider pour la reforestation de terres agricoles en France ? Si la forêt amazonienne stocke davantage de carbone que des prairies ou des champs de soja, les forêts françaises ne stockent-elles pas davantage de carbone que les prairies du Massif central ou les céréales à bas rendements des zones dites intermédiaires ? Le raisonnement n’est peut-être pas aussi théorique qu’il y paraît. C’est ce que l’on a pu constater avec le lancement, il y a un an, du label Bas Carbone : grâce à ce système, des agriculteurs pourront très prochainement se faire rémunérer pour « le boisement de terres agricoles ou friches embroussaillées ». À mesure que les marchés du carbone monteront en puissance, il est possible que ce type d’opération se multiplie, notamment là où les activités agricoles sont les moins productives ou ont le plus d’effets délétères sur le climat.

Mathieu Robert



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