Identification Abonnement

Imprimer cet articleEnvoyer à un ami
Vendredi 11 octobre 2019

Vitalité syndicale


En fouillant les archives du ministère de la Justice, l’historien Edouard Lynch nous dresse la tendance suivante (voir notre dossier en une) : sur la longue durée, les manifestations agricoles semblent s’assagir. Même si elle ressurgit régulièrement, la violence des mobilisations aurait tendance à diminuer, à mesure notamment que les modes d’action syndicaux se tournent vers des expressions plus symboliques. Ainsi, les duels frontaux entre les agriculteurs et l’État (ou des industriels) deviennent peu à peu des mises en scène de duel, à l’intention des médias et de l’opinion publique, dont les agriculteurs attendent désormais qu’ils fassent plier l’État ou l’industriel. Edouard Lynch mentionne plusieurs hypothèses pour expliquer ce reflux de la violence : effet de sidération après le drame de Montredon, disparition d’une partie des agriculteurs les plus pauvres, alternative non-violente proposée par la lutte du Larzac. On pourra peut-être ajouter celle-ci : la pyramide des âges. La population agricole vieillit depuis quelques années. En 2016, l’âge moyen des chefs d’exploitation est de 49 ans. Un tiers des agriculteurs auraient plus de 55 ans. Cela ne contribue probablement pas à la vitalité des actions syndicales. Mais plutôt que de voir le verre à moitié vide, on peut d’ores et déjà se demander, dans le cas le plus favorable où ce vieillissement serait suivi d’un rajeunissement de même ampleur, si cela n’annonce pas d’ici dix ans, un renouveau de la vitalité syndicale.

Mathieu Robert



Téléchargement