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Vendredi 20 septembre 2019

ZNT, étrange histoire


Refaisons l’histoire. Les zones de non-traitement (ZNT) dites « riverains » n’auraient-elles pas dû être perçues comme un progrès par les agriculteurs ? Entrées en vigueur en 2016, mais uniquement dans les nouvelles procédures d’autorisation des phytos, leur apport apparaît comme le suivant : certains produits, dont l’application est reconnue comme risquée à proximité immédiate des habitations, peuvent désormais être mis sur le marché à condition d’être utilisés à 3, 5 ou 10 mètres des exploitations. Toutes choses égales par ailleurs, cette mesure devait permettre de préserver l’arsenal phytosanitaire des agriculteurs. Elle aurait dû, à ce titre, être bien reçue dans le monde agricole.

L’histoire en a décidé autrement, à la faveur d’une brusque accélération réglementaire. Jusqu’ici, l’Anses déployait les ZNT petit à petit, au cas par cas, lentement – trop peut-être – à mesure que les autorisations de mise sur le marché étaient renouvelées. Finalement, à la faveur d’un arrêt du Conseil d’État – qui n’est pas le premier, cela s’était déjà produit en 2016 – le gouvernement a accéléré le tempo. Il a décidé, avec le tampon de l’Anses, d’appliquer ces ZNT à l’ensemble des phytos, avant même que ne soient réalisés de tests de dispersion sur chacun d’entre eux.

La justification scientifique de cet arbitrage (de son caractère peu discriminant) reste encore floue, et à ce titre, la colère de certains agriculteurs est compréhensible. Quoi qu’il en soit, cette affaire est devenue un tour de force – mais de qui ? –, celui d’avoir suscité la colère des agriculteurs contre une mesure qui devait initialement les servir.

Mathieu Robert



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