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Vendredi 02 novembre 2018

Renforcer la compétitivité du biométhane : de nombreux leviers activables


Une étude réalisée par le cabinet de conseil en stratégie Enea, et diffusée le 30 octobre, indique que de nombreux leviers sont activables pour renforcer la compétitivité de la filière française du biométhane. Dix leviers sont passés en revue. Au bout du compte, les coûts de production du biométhane pourront encore baisser de 30 % d’ici 2030.


Les coûts de production du biométhane peuvent encore être réduits fortement d’ici moins de 15 ans. Le cabinet a étudié dix leviers d’amélioration. À commencer par la maximisation du pouvoir méthanogène des intrants : moindre temps de stockage des lisiers et fumiers, choix des dates de récolte des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), broyage des pailles, fumiers et Cive, développement de technologies de pré-traitements enzymatiques.

Les Cive peuvent entrer à plus de 50 % dans les méthaniseurs performants

L’étude insiste sur les avantages des Cive. Elles peuvent avoir un fort pouvoir méthanogène, et associées aux lisiers et fumiers, valoriser ces derniers. Elles peuvent entrer à des taux supérieurs à 50 % des matières premières des méthaniseurs parmi les plus performants, selon l’Enea. Un autre levier est la limitation du coût de production des Cive en les intégrant dans le cycle des cultures principales. Un autre encore est la réduction des coûts de raccordement au réseau du gaz.

L’identification de ces leviers et la quantification de leur impact sur les modèles économiques des unités révèlent un coût de production du biométhane allant de 65 à 85 € par mégawatt-heure (MWh) en 2025-2030, soit une baisse de l’ordre de 30 % du coût de production par rapport à la situation actuelle. Une part importante de ces gains de compétitivité peut se concrétiser rapidement avec une baisse du coût de production de l’ordre de 20 % dès 2020-2025, à travers notamment la diffusion de bonnes pratiques et la montée en puissance d’une filière industrielle française en cours de structuration.

Les Cive font reculer adventices et pollution des eaux et progresser pollinisation et biodiversité

Face à De Rugy, la FNSEA met en avant l’importance du gaz issu de la biomasse

Christiane Lambert, accompagnée d’Olivier Dauger, élu chargé du climat et de l’énergie à la FNSEA, a rencontré le 25 octobre le ministre de la Transition écologique François de Rugy pour affirmer l’importance du gaz de biomasse dans le mix énergétique. Cela dans un contexte de débats nourris entre les acteurs de l’énergie : entre groupes géants comme Total, EDF, Engie, entre électriciens et pétroliers, entre électriciens et gaziers. Les difficultés à s’accorder sur une feuille de route sur la politique énergétique font que la discussion sur la PPE au gouvernement n’a pas eu lieu le 30 octobre mais se tiendra à la mi-novembre. Dans ce climat mouvementé, la FNSEA a voulu affirmer la place du gaz d’origine de la biomasse, qui devrait selon elle dépasser 10 % de la consommation de gaz en 2030 avec la méthanisation, première phase du développement du gaz issu de la biomasse. Dans cette première phase, un gisement important de biomasse devrait être celui des cultures intermédiaires, selon les opérateurs du gaz comme GRTGaz. La seconde phase, après 2030, devrait être la pyrogazéification, une technique de production de gaz par la pyrolyse, en l’occurrence à partir de biomasse.

MN



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