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Importations ukrainiennes : des nouveaux quotas qui suscitent l’inquiétude

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Quelques jours après avoir annoncé un accord de principe avec l’Ukraine sur la révision de l’accord commercial, la Commission européenne a dévoilé les détails des nouveaux contingents tarifaires. Une publication qui a entraîné des réactions mitigées chez les représentants professionnels agricoles.

Alors qu’un accord de principe a été conclu entre l’UE et l’Ukraine sur la révision de l’accord de libre-échange, la Commission européenne a dévoilé, le 4 juillet, les détails concernant les nouveaux volumes des contingents tarifaires. Le quota alloué par l’UE à l’Ukraine pour la volaille devrait ainsi passer de 90 000 t à 120 000 t et pour les œufs de 6 000 t à 18 000 t. Celui pour le blé passera de 1 Mt à 1,3 Mt, tandis que celui pour le maïs sera fixé à 1 Mt (contre 650 000 t). Concernant le sucre, l’évolution sera plus importante (100 000 t au lieu de 20 000 t). Pour Bruxelles, cela permet de refléter l’évolution du marché par rapport à 2016. Ces chiffres restent, cependant, au-dessous des volumes des mesures commerciales autonomes, mises en place en 2022. Les contingents pour le miel (35 000 t) et l’orge (450 000 t) ont également vu leur montant augmenter. Les contingents pour la viande bovine, porcine et ovine n’ont pas été modifiés.

Lire aussi : Importations ukrainiennes : Bruxelles et Kiev parviennent à un accord de principe

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En contrepartie, l’UE a obtenu des hausses sur ses exportations pour trois produits : le porc (45 000 t, + 25 000 t), la volaille (120 000 t, + 100 000 t) et le sucre (100 000 t, + 60 000 t). Le reste des exportations sera soit libéralisé, soit bénéficiera d’une réduction importante des droits. L’accord doit encore faire l’objet d’une validation du Conseil de l’UE. La Commission européenne espère être en mesure de le présenter d’ici la fin juillet. Les dispositions transitoires continuent de s’appliquer jusqu’à la mise en œuvre de la révision de l’accord.

Réactions mesurées

Une présentation qui a entraîné des premières réactions mitigées. Le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE) et sa coalition de filières (sucre, maïs, volailles, œufs et éthanol) saluent la certitude et la stabilité à long terme pour les relations commerciales mais s’inquiètent des nouveaux volumes offerts à l’Ukraine. « L’augmentation des quotas pour la volaille (+ 30 %), les œufs (+ 300 %), le maïs (+ 54 %), l’alcool éthylique (+ 25 %) et surtout pour le sucre (+ 498 %) et le miel (+ 583 %) continue de poser des défis importants pour les secteurs concernés », indiquent les organisations dans leur communiqué conjoint. « La pilule est amère », affirme, pour sa part, Guillaume Gandon, vice-président de la CGB (betteraviers, FNSEA), « ce volume de 100 000 t est cinq fois supérieur au volume autorisé avant la guerre ». Et d’ajouter : « C’est l’équivalent de la production d’une sucrerie de l’UE. » Du côté ukrainien, le nouvel accord n’entraîne pas non plus un enthousiasme débordant. « Une chose est claire : il est très probable que le nouvel accord entraînera encore des pertes nettes pour les producteurs agroalimentaires ukrainiens », précisent ainsi les entreprises agricoles ukrainiennes (UCAB – Ukrainian Agrobusiness Club) qui plaidaient pour une transposition des mesures commerciales autonomes.